IX – Court cours d’histoire

Publié: 5 décembre 2006 dans Caldeus Kreen (Finalisé)

Le transport fluvial s’est développé à Petitpavé lors du règne de Khalipige IV (qui n’était pas du genre à tourner autour du pot). Jusque là Petitpavé n’était que la moitié d’elle-même. Le fleuve (qui s’appelle " le fleuve69 ") séparait deux contrées ennemies : Petitpavé au nord, et Malgrétou au sud. Désireux de libérer Malgrétou du félon prince Bonga (mais surtout désireux d’étendre sa propre félonie au-delà du fleuve), le roi Khalipige IV, fils de Gudrule de Norvallon et Touthenkit III, se prit à guerroyer contre l’armée malgrétoise.

La poudre n’ayant pas encore été découverte (la découverte de la poudre à guerroyer est due à une erreur de dosage dans la poudre à éternuer70 inventée l’année " où les récoltes ont été si mauvaises " (vous diront les gens du cru) par le moine comique René), le tir à l’arc peu répandu, le roi avait eu l’idée de construire un pont. Idée vite abandonnée car la main d’œuvre petitpavienne était à l’époque experte dans la construction en boue.

Nous passerons sur l’idée du navire (en voyant un corps flotter à la surface du fleuve, sur lequel étaient juchés des canards), et sur l’issue de la bataille (Khalipige mourut dans son bain, et Bonga devint prince régent des deux contrées enfin réunies, avec pour devise (temporaire) " La guerre n’est nécessaire que si on peut la gagner "), et nous attarderons sur les principes de navigation. La vitesse de déplacement d’un navire était calculée en moutons par minute. En effet l’élevage ovin était prolifique sur les rives du fleuve et il suffisait de compter le nombre de moutons que l’on dépassait pour connaître sa vitesse fluviale. Ce principe ne fonctionnait plus en pleine mer, mais de cela les navigateurs ne s’en rendirent compte qu’une fois au large des côtes.

Tout ça pour dire qu’après avoir franchi la Porte, Caldeus se retrouva nez à couverture avec le Traité de Navigation de l’Armée Fluviale, inestimable trésor pour le collectionneur, sandwich au papier pour un illettré tel que notre soldat, n’auraient-ce été ces enluminures, projetant mille feux par l’entremise des flambeaux disséminés dans la pièce. L’appel de l’Or vibrant dans le sang du nain. A côté de ce traité reposait le Necrocomicon, vieux grimoire repoussant de saleté. Il semblait tapi et prêt à mordre71.

Au regard du khazalide comparse seul le Traité avait de la valeur. Mais le nain est doté d’un sens aigu de la roublardise, il emporta donc les deux livres, cachés sous sa toge.

Pendant ce temps Lalahn explorait toujours le donjon. S’approchant de la grande table qui ornait le centre de la pièce, il tapota distraitement la surface noircie par le temps, jeta un regard de gauche à droite, et subrepticement se mit à graver un poème sur le bois séculaire. Une sale manie qui lui avait valu plusieurs renvois de l’école de rhétorique…

La table en boys
Est aux aboys
Lorsque gravoys
Des mots à moy

C’est alors, qu’excédé, la sombre silhouette surgit de son recoin.

– Dites donc il ne faut pas vous gêner !

– Oh, pardon monseigneur je ne vous avais point vu ! C’est alors qu’il le vit. Tout de noir vêtu, portant un casque simiesque dérangeant, mais nullement effrayant.

– Vous êtes quoi ? Un soldat ?

– Non, je suis Jehan D’Arc Vaahdor, le grand sorcier.

– Mais les sorciers sont malingres et ont des grandes barbes et un chapeau pointu !

– Sortez donc de ces stéréotypes éculés !

– Hein ?

– Non, j’ai dit éculé.

– Ah.

– Et puis j’ai fait de la muscu. C’est vrai que ça m’a longtemps porté préjudice mais ne doutez pas de mes pouvoirs jeune impertinent !

– Oh vas-y l’ot hé ! Loin d’être intimidé, Lalahn se sentait étrangement confiant.

– Votre manque de foi me consterne… Les mains du sorcier s’élevèrent lentement en l’air et décrivirent des arcs de cercles de plus en plus rapides et rapprochés, jusqu’à ce qu’une gifle retentissante atterrisse sur la joue du poète.

– Ah ah celle-là tu ne l’as pas vu venir jeune freluquet !

La peur commença à exuder par les pores du poète… Il s’empara du toki-woki et souffla très fort dedans…

Mais ceci est une autre histoire…

69  Dans l’orthographe antique, " le phleuwe "
70  Le nom de cette poudre vient de " ether-nuée ", car pour ce gag il suffisait de disperser depuis un ballon dirigeable une quantité suffisante de poudre dans le ciel. En retombant lentement, elle était respirée par les oiseaux, les animaux, les hommes et les poissons de manière totalement aléatoire. Il était très amusant de regarder les oiseaux en pleine crise de sternutation (merci le dictionnaire des synonymes !) se rentrer dedans en plein vol. L’humour reste impénétrable contrairement aux voies du Seigneur dit le prophète Syhim.
71  Ce piège était destiné à tromper l’éventuel voleur. L’astucieux moine avait vu "Indiana Jones et la Dernière Croisade".

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