XII – C’est encore loin ?

Publié: 8 décembre 2006 dans Caldeus Kreen (Finalisé)

Caldeus et Kami, précédés de leur nouvel acolyte Maurice, se désaltéraient à l’auberge du Cyclope Borgne, lorsque la milice sendubrienne entra précipitamment.

– Soldats, empaillez… Emparez-vous de ces lundis… De ces individus ! Bafouilla le capitaine de la garde. Sur son plastron scintillaient les armes de la contrée (une tête d’auroch souriante) ; il se prenait sans cesse les pieds dans sa cape.

Les deux nains dégainèrent promptement leurs haches et Caldeus sortit son insigne en hurlant :

– Milice de Petitpavé ! Mission secrète !

– Capturez-les ! Morts ou vifs !

Le combat s’engagea83. Malgré leur rudesse et leur courage, nos naniques soldats furent vite submergés par le nombre.

– Euh ! Soldat Maurice ! Votre aide serait la bienvenue !

– Je p…p…p…peux pas je suis p…p…pas en service !

– Je vous mets en RTT84 !

– Ah…ah…Alors si c’est cococococomme ça…

Malheureusement la soldatesque petitpavienne était déjà sortie de force de l’auberge. Maurice d’un pas pesant se dirigea vers le comptoir :

– Vous mememettrez tout ça sur le conconcompte du gouououvernement.

Et voilà nos compères menés à grand train vers l’Hostel du vil.

Le capitaine de la garde, après avoir trébuché dans les pans de sa cape, se posta devant ses prisonniers et dit :

– Scellez ces scélérats et assurez-vous qu’ils cessent leurs simagrées.
– Je réclame le droit de savoir ! Tonna Caldeus.

– Savoir quoi ?

– Justement, je ne sais pas !

– Ce que mon camarade tente vainement de vous faire comprendre c’est qu’il doit s’agir d’une erreur judiciaire ! Nous ne sommes que de simples voyageurs, nous venons d’arriver ! Expliqua Kami.

– Le seigneur Marhoil a eu connaissance de votre arrivée et désire vous voir au plus vite. Nous exécutons les ordres ! Gloire au seigneur Marhoil !

Les nains sursautèrent lorsque la garde hurla en canon :

– Gloire au seigneur Marhoil !

La garde jeta les nains dans la geôle sombre et humide, où un être décharné et enchaîné marmonnait dans son coin.

– Nous viendrons vous chercher pour l’audience.

Dès que la porte fut close, Caldeus se jeta dessus, martelant, mordant et griffant le métal. Kami Khaz quant à lui s’approcha du prisonnier afin d’entendre ce qui pouvait bien être marmonné.

– Oh là, mon brave, quel est donc votre crime pour qu’ainsi vous soyez entravé ?

– Mgnm c’pas à vous qu’je parle c’est au rat.

– Le rat ?

Effectivement un rat était juché sur ses pattes arrières, non loin du prisonnier.

– M’a volé mon pain c’t’engeance.

– Pardonnez ma question mais ne vous détache-t-on point pour manger ?

– Mgmngn bah qu’non qu’c’te rongeance e’m’donnait mon pain, mais v’là t’y pas qu’elle veut une plus grosse part que j’y en donne.

– ???85 L’avez vous dressé ?

– P’tèt’ben qu’non, p’têt’ben qu’c’est lui qui m’dresse c’te rongeur !

Un raclement de gorge au rat du sol fit détourner le regard à Kami.

– Excusez-moi, dit une voix – qui ne pouvait pas sortir de la gorge du ratidé – mais si vous me permettiez d’expliquer la situation je suis persuadé qu’elle ne vous en paraîtrait que plus claire.

– Excusez-moi de ne pas vous excuser dans l’instant, mais aurais-je entendu un rat parler ?

– Je m’excuse d’excuser votre excuse, mais un rat vit, un rat passe et un rat pèle dès le moment que le rat n’est pas celui que l’on croit ! Je m’en vais vous conter la triste his…

– Si ça pouvait être court ça serait bien – tonna Caldeus qui s’était détourné de la porte à peine rayée par les agressions subies – parce que m’est avis que notre entrevue avec le tyran va pas tarder. J’entends des pas qui se rapprochent.

– Bien. Dans la synthèse un sort m’a été jeté à moi ainsi qu’à mon compagnon enchaîné. Je suis Calamita, la fille du tyran susnommé. J’étais amoureuse du page Marc86 ici présent. Mon père, furieux, le transforma en rongeur grâce à l’aide de ma tontine. Et oui, ma marraine l’a fait87. Mais prise de remords lorsqu’elle sut la puissance de mon amour, m’assura qu’un baiser pourrait lui rendre sa forme première. Malheureusement le sort s’est inversé. Depuis je suis ici et me lamente de notre sort commun où notre amour vire à une querelle boulangère… Mon père, encore plus furieux de ma disparition, a mis le royaume à sang pour me retrouver. Ô comme j’aimerais redevenir la princesse que j’étais ! Je saurais être reconnaissante aux preux héros qui me sauveraient, je saurais leur montrer ma gratitude88, mon père est très riche et…

– Désolé princesse, dit Caldeus d’un ton enjoué, mais on a déjà notre quota de princesse à sauver.

La porte s’ouvrit à toute volée.

– Vous deux ! Le seigneur Marhoil daigne vous voir !

Mais ceci est une autre histoire…

83  Lui aussi
84  Littéralement Ratatine les Têtes Turbulentes
85  On ne sait toujours pas le son produit par un triple point d’interrogation.
86  Ai-je besoin d’expliquer ?
87  …
88  Oh la coquine, ça commence par la gratitude et puis on dépasse le haut du mollet.

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