XIII – Mais qu’est-ce qu’on fout là ?

Publié: 9 décembre 2006 dans Caldeus Kreen (Finalisé)

Traversant de sombres couloirs, Caldeus et Kami, précédés d’une demi-douzaine de gardes et suivi d’un nombre équivalent arrivèrent devant de lourdes portes constellées de pierreries. Ce clinquant réverbérait la lueur des bougies disposées le long des murs, projetant des ombres mystérieuses. Mais pas au point d’être effrayantes. Sauf celle au fond à côté de la tapisserie. Tapisserie qui ondulait sous l’effet des courants d’air. Mais pas que.

Enfin, je crois.

Bref, nos nains écrasés par tant de magnificence n’y firent point attention. Les portes s’ouvrirent et ils ne virent rien. Une table longue et massive leur masquait la vue. Seuls deux mollets couverts de collants violets, terminés par deux pieds chaussés de lourdes bottines crottées sur lesquelles une gueule énorme d’un molosse au poil ras laissait couler des filets d’une bave jaunâtre, s’offraient à leur vue. Un reste de festin gisait, épars, à côté du monstre canin. Il ouvrit une paupière, jaugea les nouveaux entrants, poussa un bref aboiement ponctué d’un pet odorant comme seuls savent les faire les chiens de taille respectable.

– Ca pique les yeux ! Geignit Caldeus.

– Chut soldat, montrez-vous brave ! Lui intima Kami.

– Oui mais ça pique les yeux quand même !

Une voix de stentor retentit :

– Soldats ! Avez-vous fait quérir les prisonniers ?

– Oui mon saigneur, ils sont par-devant vous.

– Faites les jucher sur la table !

Deux soldats attrapèrent les prisonniers par leur épaisse tignasse et les firent grimper sur la table.

– Ainsi donc voici ces deux valeureux guerriers qui mettent des bâtons dans les… trucs ronds des carrosses du seigneur Mironton ? Est-ce vous qui avez réussi à défaire le sorcier Vaahdor ? A voler le Necrocomicon ?

Impétueux, Caldeus ajouta :

– Et on est partis sans payer de l’auberge !

– Silence ! Ainsi vous êtes venus quérir le Triangle de Pita Gore ! Et bien soit ! Amenez-les au perdurynthe ! Puisque vous le voulez, allez le chercher !

Puis, se penchant plus près, il leur susurra :

– Et si vous en sortez, profitez en pour récupérer le parchemin de Vlatypa – je vous offrirai une forte récompense !

Puis, reprenant sa voix de stentor, il clama :

– Mais il y a peu de chances que vous en sortiez vivants ! Ah ! Ah ! Ah !

S’adressant à ses soldats :

– Comment on rit déjà ?

La garde mena donc les deux nains au perdurynthe. Sous un rideau de lierres était masquée une lourde porte en fer forgé marquée de runes. Par endroits elle était bosselée, comme si on avait frappé, très fort (mais, très) de l’intérieur.
Le long des murs, des tapisseries contaient des histoires horrrribles. D’ailleurs l’auteur n’avait pas lésiné sur le fil rouge, teint à même la masse. Le chef de la garde se présenta face à ses prisonniers, leur délia les mains, et entrouvrit la lourde porte.

Aussitôt une odeur de viande avariée leur parvint aux narines.

Mais ceci est une autre histoire…

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