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Publié: 13 mars 2007 dans L'Antidote (Finalisé)

Le septième jour de la septième semaine, une lettre parvint à l’inspecteur. Une lettre manuscrite, d’une écriture fine et soignée, sur un papier velouté, et étrangement luisant. Le secrétaire du poste de police chargé d’ouvrir le courrier était mort foudroyé après avoir décacheté l’enveloppe. La missive avait été, selon le labo, enduite d’un mélange de curare et d’antimoine, qui pénétrait le derme si vite qu’aucune échappatoire n’était possible une fois la peau en contact avec le poison.

Sur l’enveloppe, il était écrit " Sauvez-la. "

Le texte de la lettre elle-même était un mystère. Son auteur avait recopié un passage du livre de Maryam D’Envers, entrecoupé de sentences plus personnelles :

Il est notoire que les cas de psychopathologies étudiées au cours des quarante dernières années ne me laissez pas couler relèvent d’une médecine si malhabile qu’il est nécessaire aujourd’hui de remonter dans ces archives pour comprendre plus clairement les mécanismes de la schizophrénie c’est Oncle Waltz c’est sa faute. C’est en étudiant le patient Mac Aubert que j’ai pu démontrer, certes par des méthodes moins orthodoxes qu’aujourd’hui, que les crimes qu’il commettait étaient un reflet de violences subies par le passé. C’est d’ailleurs en effectuant un vrai travail de recherche avec la police que nous avons pu remonter jusqu’à lui, en découvrant que ses parents avaient été condamnés pour pédophilie et elle peut me sauver du lac trafic d’enfants alors que lui-même avait été confié à ses grands-parents "

Tout cela restait obscur. Si c’était sa manière de signer son crime ? Cela semblait peu probable au regard des autres meurtres perpétrés auparavant. L’inspecteur avait l’intime conviction qu’il s’agissait là d’un jeu de pistes qu’ouvrait l’assassin. Une piste pour retrouver sa – prochaine – victime. Mais ces apartés dénotaient une note d’urgence qu’il ne pouvait que redouter.

En faisant le rapprochement avec le texte du docteur D’Envers, on pouvait penser qu’il cherchait à expier quelque chose, qu’il avait subi ou provoqué ; un lien avec un lac, un acte de violence perpétré sur lui ? Le psychopathe semblait penser que la fille pouvait le sauver. Comment ? En la sacrifiant ?

Trop peu d’éléments, et si peu de temps ! Déjà les fantômes le harcelaient nuit après nuit. Et nuit après nuit, il se levait, couvert d’une sueur aigre et glaciale, serrant contre lui la photo de la jeune femme.

La retrouver.

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