XXII – V’là les flaques

Publié: 13 avril 2007 dans Caldeus Kreen (Finalisé)

Une fois le gué passé, le retour fut relativement sans encombre, à part peut-être la meute de loups affamés qui les attaqua, et qui leur fournit un copieux repas après s’être nourris de baies pendant plusieurs jours (curieusement, aucun animal ne s’approchait d’eux, et aucun des aventuriers n’avait l’étoffe d’un chasseur – Kami et Caldeus étaient bien trop bruyants, Maurice bien trop grand et Chabroh végétarien. Enfin se profilait à l’horizon la silhouette de guingois de la forteresse de PetitPavé. Combien de temps avaient-ils passé sur les routes en quête de la princesse ? Combien de dangers avaient-ils affronté ? L’alerte avait-elle été sonnée ?

– Khapitaine ? demanda Caldeus. On retourne à PetitPavé ?

– Non, soldat, je ne crois pas. Notre mission n’est pas accomplie ! Nous avons les artefacts, nous avons une équipe d’aventuriers prêts à en découdre, mais il nous désormais entrer dans la butte de Zidan et délivrer la princesse. Puis nous livrerons le sorcier à la justice petitpavienne, détrônerons le prince Mironton et le Roy nous accordera une terre sur laquelle nous pourrons bâtir un sanctuaire khazalide avec des lits à notre taille, un musée de l’or, un temple pour chacune de nos divinités, un petit lopin de terre où cultiver des cailloux, et…

– Capitaine Khaz, si je puis me permettre, nous avons encore une longue route et ma mère me disait « Vends la peau de l’ours avant de l’avoir tué et tu auras des clients mécontents », le coupa Maurice. Une sage femme, ma mère, et une remarquable déblayeuse dans les mines naines. Je vous ai parlé de ma mère ?

– Soldat Maurice, depuis que vous ne bégayez plus, vous êtes de plus en plus prolixe. Votre mère, une naine ? !

Maurice ne put réprimer un sanglot.

– Sniff… Oui, elle est morte en couches, la pauvre.

– Je comprends, les charcutiers-accoucheurs ont du vous extraire par attiléenne109.

– Non, ma pauvre mère n’avait plus toute sa tête et était devenue incontinente, vers ces deux cent trente ans.

Un long silence s’installa.

– Hum… Et votre père, s’enquit Chabroh, visiblement intrigué par quelque problème anatomique.

– Un nain, lui aussi Oh, je vois ce que vous voulez dire. En fait à ma puberté, j’ai continué à grandir, ce qui a provoqué en moi ce bégaiement intempestif : manque d’assurance, raillerie et rejet de mon entourage, etc.

– Le schéma classique de la mère abusive, souffla Kami, qui avait lu le traité de L’Affreudocteur, « Perspicologie des peuplades naines et pathologie du nain de jardin », où l’on apprenait que les nains qui, passé la puberté, délaissait mines et laboratoires d’enguigneurs pour cultiver un petit jardinet avec cailloux décoratifs (et pas seulement contondants), arbustes fleuris et trolls en plâtre dénotaient d’une déviance sexuelle particulière : L’onanisme110.

Bref, Capitaine, je pense qu’il serait plus sage de continuer sa route.

Vous avez raison soldat. Firmin ! En direction du Temple de Rajh Grathiss, à Norvallon !

Mais ceci est une autre histoire…

109 Le féroce Attila le Nain s’était frayé un passage à coup de dents du ventre de sa mère, d’après la légende. Son demi-frère, Othello, sortit sous menace d’expulsion.
110 Textuellement du lapin teint : du préfixe ob – contre et nanisme, soit attirance pour tout ce qui n’est pas nain. Et comme on dit dans les montagnes de Khaz Kamak : « Si c’est pas nain, c’est pas sain »

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