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Publié: 19 avril 2007 dans Amor Fidelis (Finalisée)

Sous le joug de Bahrent, elle se sentait comme aspirée jour après jour. Après le discours de Mamma Vassilia, elle commença à mettre de côté le peu d’argent qui ne disparaissait pas en alcool, en paris ou en remboursement des dettes contactées par son concubin. Elle savait qu’elle ne pourrait partir avant un long moment, mais l’espoir, cette frêle étincelle, s’était rallumée en elle. Jour après jour, mois après mois, elle put amasser un petit pécule qu’elle gardait caché sous la caravane. Parfois, lorsqu’elle rentrait le soir, à l’approche de la roulotte, elle épiait alentour si personne ne la regardait, et rajoutait à son mince trésor quelques billets. La doyenne du camp la surprit un soir, et Olivia, effrayée, appuya un doigt sur ses lèvres, implorant le silence. Mamma Vassilia lui sourit, et appuya elle aussi son index sur ses lèvres craquelées. Puis elle continua son chemin.

Et ainsi continuait sa vie, amassant peu à peu une petite fortune à ses yeux, traversant sa vie d’un œil absent, subissant les railleries de Bahrent, les coups parfois, et les nuits où, bestial, il assouvissait son désir, elle quittait son corps et observait la danse sauvage dont elle était la marionnette.

Ce samedi-là, elle rentra un peu plus tôt. Quatre voitures de police bloquaient l’entrée du camp, et des hommes en uniforme encadraient Bahrent, Nogent et Niels, considérés comme les malfrats de la tribu. Elle se précipita vers chez Nani, sa seule amie dans le clan, la petite amie de Nogent.

– Nani, que se passe-t-il ?

– Oh, Olivia, ce n’est pas la première fois pour Nogi. Un problème de drogue si j’ai bien compris. Mais si Niels et ton Bahrent sont suspectés aussi, ça risque d’être plus grave que d’habitude. Si on leur trouve quoi que ce soit, ils sont bons pour être renvoyés aux frontières. Je veux pas être seule, Olivia, reste avec moi !

Apparemment, Nani était terrifiée. Il est vrai que son frère avait été renvoyé en Bosnie-Herzégovine, et avait été tué durant la guerre civile. Le retour au pays envahissait leurs cauchemars.

Olivia sut que c’était là l’appel qu’elle attendait. Elle se précipita à sa caravane, récupéra quelques affaires, fouilla sous le plancher, suant et espérant que la police n’ait pas récupéré son pécule. Enfin sa main rencontra le paquet ; elle l’arracha, le jeta dans son sac et courut à perdre haleine jusqu’à la grande route.

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