XXVIII – La magie grise

Publié: 2 novembre 2007 dans Caldeus Kreen (Finalisé)
Nos compères, toujours à la recherche de la princesse dans le château du maudit sorcier ont échappé aux affres de la mort, mais ne sont pas aux bouts de leurs peines…


Le brouhaha des souffragettes s’atténuait au fil de l’escalade des héros vers la plus haute chambre de la tour où était tenue prisonnière Gwendolina. Les marches étaient suintantes et usées, comme si elles menaient vers quelque caveau humide. Et la lumière se faisait plus rare aussi, alors qu’au-dehors l’astre lumineux dardait ses rayons avec force.

– S’il nous restait un artefact magique, on pourrait dissiper cette poix qui nous obscurcit la vue, grogna Caldeus.

– Soldat Kreen, souvenez-vous que les rares contacts que vous avez eu avec la magie a failli vous être néfaste.

– C’est vrai mon Khapitaine, mais je crois avoir appris deux-trois trucs depuis. Attendez ! Je dois avoir sur moi une ou deux pages du bouquin que j’ai dérobé dans la Tour Fatalement Longue.

Il fouilla dans les replis de son justaucorps de cuir et en extirpa deux feuilles froissées qui semblaient bruire de l’intérieur.

– Méfiez-vous soldat ! Il s’agit de pages du necrocomicon, un livre aux pouvoirs incommensurables et néfastes ! Il est dit que le grand guerrier Déconan le barbare a été foudroyé par le rire dément qui s’échappa du verset 3, alinéa B du chapitre XIII.

– J’essaie quand même !

– Soldat, votre bravoure n’a d’égal que votre inconscience face au danger !

Maurice intervint :

– J’ai moi-même de rudimentaires connaissances en magie, ayant travaillé sur diverses armures et épées enchantées. Me permettez-vous de tenter le sort – si je puis me permettre ?

– Pas touche ! C’est mon livre ! Et c’est moi qui fait ! Cépalat…orsh kitaluhm céma hé ça se prononce comment l’obélisque encadré des deux rochers ? Ah oui cémafoy kitékler.

Aussitôt la page s’embrasa d’une flamme froide qui s’envola pour circuler librement à l’avant du groupe de héros. Sa lueur irisée projetait sur les murs de pierre luisante des ombres menaçantes et fantasmagoriques, peut-être plus effrayantes encore que la noirceur qui régnait quelques instants plus tôt.

Surtout que ces ombres se détachaient peu à peu des murs pour suivre à pas de loup les compagnons qui marche à marche gravissaient la tour, suivant les trémolos de la princesse qui chantonnait :

Un jour mon preux chevalier viendra sur son fier destrier m’ôter cette ceinture de chasse d’été qui me pèse et dont je me plains j’aimerais qu’il me prenne la main et mette s’abrite dans mon

– Argh !

Jardin… Or là mes preux héros ! Tenez bon je suis là toute prête ! Sortez-moi des griffes de ce méchant sorcier !

Enfin ! La porte de la geôle les narguait de tous ses gonds, grinçant de joie devant les mines effarées de Caldeus, Kami, Maurice et Chabroh. L’huis était sculpté dans une roche sombre et nauséabonde, comme recouverte d’un fluide saumâtre et gluant. Maurice et Chabroh, de toute leur hauteur, tentèrent de la pousser, mais la substance gluante semblait aspirer quiconque se mettait en contact avec.

– Loin de moi l’idée de vous presser, mais il me semble que ces ombres ne sont pas les nôtres, souffla Kami.

Caldeus se retourna soudainement, brandissant sa hache et frappant à qui mieux-mieux les silhouettes qui se dressaient devant lui. Mais à sa grande surprise, elles semblaient se dissoudre au contact du métal pour mieux réapparaître par la suite, plus consistantes, plus présentes. Et aussi le nain hirsute sentait ses forces diminuer à chaque coup qu’il portait.

– Halte-là soldat ! Je crois que ces fantômes aspirent nos énergies. Ne gaspillons pas nos forces !

– Oui, mais comment nous en débarrasser ! Entre cette porte qui paraît vouloir nous absorber et ces esprits vampiriques, nous sommes faits ! Notre force ne peut rien contre l’impalpable !

– Et si on avait recours à la magie ?

– Encore ? !

– Ça a marché pour la lumière !

– Hum… M’est avis que ces ombres ne sont pas l’effet du sorcier… Laissez tomber soldat Caldeus !

Maurice arracha les feuillets des mains de Caldeus, et commença à réciter une formule :

Spirale – oiseau avec un truc dans le bec – vague avec un point dessus – croix – croix – croix !

– Vous ne savez pas lire !

– Bah, ce qui compte, c’est la conviction que l’on y met !

– Qu’est-ce qu’on a à perdre après tout ?

– Bah, la vie ? Osa timidement Chabroh.

– Et tous d’hurler :

Croix ! Croix ! Croix !

Mais ceci est une autre histoire…

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