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Publié: 29 novembre 2007 dans L'Antidote (Finalisé)

L’inspecteur connait désormais la cache de l’assassin. Il s’y rend en compagnie de la jeune femme et du prêtre qui a commis les atrocités sur les enfants du village du criminel…


L’inspecteur sortit de son véhicule et extirpa violemment le prêtre de l’arrière de la voiture ; projeté à terre, ce dernier ne tenta même pas de se relever. La jeune femme ouvrit sa portière mais n’osa pas s’éloigner ; elle avait de plus en plus de mal à respirer, observant la scène comme noyée.

L’homme aux mains ensanglantées se tourna lentement vers l’inspecteur, et ses yeux se rivèrent sur le vieillard que les lueurs intermittentes des gyrophares faisaient palpiter. L’homme d’église leva lui aussi son regard et on pouvait y lire la peur.

– Vous… Je… Je vous connais… Vous étiez avec oncle Waltz… Que… Qu’avez-vous fait de mon âme ?

Ces mots emplirent l’air sans qu’aucun muscle ne bouge du visage du criminel. Il se rua, vif comme l’éclair, sur le prêtre défroqué, lui arrachant son col romain maculé de tâches suspectes, quand l’inspecteur pointa son revolver sur la tempe du meurtrier en série.

– Il est temps maintenant. Il est temps d’arrêter.

– Arrêter ? Savez-vous qui je suis ? Savez-vous pourquoi ? Que savez-vous de la folie exactement ?

– Je sais. Je sais pour votre oncle. Je sais pour ce salopard, pour ce qu’il vous a fait à vous et aux autres enfants.

– Je suis l’été ! Lourd été caniculaire ! L’été des fauches ! Je récolte les âmes mûres à point ! J’ai libéré la fée des lacs, afin qu’elle apaise les esprits sans repos !

– Et moi je suis le cruel automne qui te supplante. Tout est fini pour toi désormais. Pour lui aussi, sa fuite est terminée, ses heures son comptées.

– Laissez-moi lui soutirer son âme comme il m’a volé la mienne !

– Non. Lui, il est l’hiver froid et sans cœur, un hiver que l’on doit condamner. Moi seul peut le condamner. Car l’automne est justice. L’automne flamboyant et pur.

Ceci dit, l’inspecteur se tourna vers le prêtre, et lui asséna un violent coup de pied dans l’estomac. Un crachat de sang vint s’écraser sur sa chaussure droite. Puis, pris de frénésie, il se mit à lui donner des coups de crosse sur le visage, sous les yeux étonnés et figés du criminel. Des bruits d’os qui se brisent entrecoupaient les gémissements du vieil homme et les " tam ! " mats du métal contre sa face.

Il fallut à l’inspecteur plusieurs minutes pour comprendre que le prêtre était mort.

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