12

Publié: 21 décembre 2007 dans Amor Fidelis (Finalisée)

L’avion qui s’est écrasé dans l’archipel des Bermudes a laissé quelques survivants, parmi lesquels Lans et Olivia, rescapée de justesse par le repris de justice… 


Le corps d’Olivia se réveilla subitement ; toutes les douleurs muettes sous la violence du choc hurlèrent par chacun de ses pores. Il lui semblait que chacun de ses os avait été réduit en miettes ; elle tenta d’ouvrir les paupières, mais l’un de ses yeux était enflé et tuméfié ; la vive et chaude lumière du soleil au zénith ne lui apportait qu’un maigre réconfort. Un poids lui écrasait le sein droit, et son bras était ankylosé.

Une ombre massive vint lui masquer l’astre solaire. Une silhouette qui se pencha au dessus de son visage, nimbée de la lumière crue du jour.

– Ne bougez pas, vous ne me semblez pas trop blessée, mais vous avez pas mal de contusions et d’ecchymoses. Tenez, je vous ai apporté un peu d’eau – il y a une source un peu plus loin.

La voix était douce, élégamment rauque, et rassurante. Parvenant avec effort à tourner la tête, elle vit qu’une enfant s’était blottie contre elle, ce qui expliquait l’immobilisation de son bras. Elle se dégagea doucement, ce qui fit gémir la jeune fille, et but avec avidité l’eau fraîche ; la déglutition lui faisait mal, mais son corps se délectait de la sensation qui ravivait ses sens. Et lorsqu’elle parla, sa gorge douloureuse lui rappela l’incident de la ceinture, qui s’était resserrée autour de son cou.

– Qui… qui êtes-vous ? Où sommes-nous ?

– Je m’appelle Lans ; quant à savoir où nous sommes, je dirais quelque part dans l’archipel des Bermudes. Il y a quelques rescapés un peu plus loin qui se sont regroupés ; nous les rejoindrons quand la petite sera éveillée. Je n’ai pas osé trop vous déplacer. Vous pouvez vous lever ?

Après de nombreux efforts et luttant contre les points noirs qui lui obscurcirent la vue, elle parvint à effectuer quelques pas jusqu’à s’appuyer à l’un des palétuviers. Elle se sentait faible.

– Attendez, je vous ai apporté à manger ; l’île semble regorger de fruits et d’animaux en tout genre. Si on se débrouille bien, on pourra tenir un bout de temps…

Lans finit sa phrase dans un quasi-murmure. Le " bout de temps " pouvait être long… Il n’avait que l’expérience des films catastrophes, mais l’océan était si vaste et leur île si petite et insignifiante (quelques courageux avaient déjà fait le tour de l’île par la plage, jusqu’à atteindre une falaise abrupte, il ne leur avait fallu que cinq heures aller-retour pour estimer la superficie de l’île à moins de cent cinquante kilomètres carrés). Une île insignifiante et luxuriante, noyée sous la verdure. Combien de temps pourraient-ils tenir ? Sans soin pour les blessés, sans règle ni loi ?

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s