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Publié: 2 janvier 2008 dans Amor Fidelis (Finalisée)

La vie s’organise peu à peu sur l’île où les rescapés forment de nouveau une petite communauté ou le credo est : survivre. Lans et Olivia tentent de découvrir qui est la jeune fille sauvée des griffes de l’incendie…


L’enfant semblait ne pas vouloir s’éveiller. Alors que le soleil sombrait dans l’océan, disque rouge et rassurant, Lans et Olivia la portèrent vers le groupe de réfugiés. L’antique peur de l’Ombre, la menace de la nuit qui rend aveugle les incitant à se regrouper. Quelques-uns avaient rapporté du bois sec, et un large feu réconfortant dardait ses langues soufrées vers les cieux d’onyx. Les chasseurs, acclamés à leur retour, avaient disposé une broche rudimentaire sur laquelle ils avaient empalé deux chevreaux sauvages ; le suc dégoulinant le long des flancs luisants crépitait au contact des braises ardentes ; quelques cueilleurs avaient ramené des régiments de bananes, des racines rappelant des ignames et qui semblaient comestibles ; la vie s’organisait en soi plutôt paisiblement. L’inquiétude poindrait bien assez tôt.

A la chaleur du feu, l’enfant ouvrit les yeux, pour se blottir immédiatement dans les bras d’Olivia. Celle-ci lui passait les doigts dans les cheveux, l’apaisant de paroles douces. Lans avait ramené pour elles un morceau de viande accompagné de légumes cuits en brochette, et d’une moitié de coco qu’il avait ramassé quelques heures plutôt. La fille au travers de ses longs cheveux le regardait craintivement, resserrant son étreinte autour de la femme. Olivia la tranquillisa, souriant à Lans pour montrer qu’aucune hostilité ne régnait entre eux.

– Comment t’appelles-tu jeune fille ?

– Eva… je m’appelle Eva. Ma maman m’appelle Eva. Où est ma maman ?

Olivia lança à son sauveur un regard d’angoisse. Que lui répondre ? Lans soupira, puis s’approchant doucement d’Eva, lui dit :

– Tu te rappelles de l’avion ? Il y a eu un accident, et ta maman est… elle est morte. Olivia et moi allons prendre soin de toi ; avec tous les gens ici, nous allons faire des signaux pour qu’on vienne nous chercher. Tu pourras rentrer chez toi et retrouver ton papa

– Mon papa est mort quand j’avais quatre ans. Il était saoul et il est rentré dans un bus scolaire. Ma maman voulait qu’on aille chez un monsieur qu’elle a rencontré sur Internet et qui habite à Cuba. Ma maman a fait quelque chose de mal ?

L’enfant semblait réciter machinalement une chose maintes fois répétée. Aucune émotion ne transparaissait. Elle paraissait associer la mort à une punition pour quelque pêché.

– Non mon ange, ta maman est partie au Paradis.

– Ça n’existe pas le Paradis, ma maman me le disait tout le temps. Elle disait que cet Enfer ou un autre, c’était pareil.

Et elle fixa Lans d’un regard si ancien qu’il se sentit jugé au plus profond de son être.

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