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Publié: 8 avril 2008 dans Amor Fidelis (Finalisée)

Olivia est enceinte ; l’amour de Lans a été fécond. Une nouvelle donnée dans le problème : comment rendre cette histoire intéressante ? Va-t-elle accoucher d’un enfant vampire ? Sera-t-elle dévorée de l’intérieur ? Finira-t-elle son sudoku force 4 ?


Sa grossesse fut un événement sur l’île. La population entière – une centaine de personnes, prodiguait à Olivia tout l’amour et les soins dont elle pouvait avoir besoin. Heureux hasard, un médecin gynécologue faisait partie des rescapés, et il put ainsi suivre l’évolution de cette gestation dans des conditions peu communes. Ils établirent aux abords de la jungle, suffisamment loin de la plage pour que le sable ne s’y infiltre pas, un dispensaire sauvage. La jeune femme ressentait une douce plénitude l’envahir alors que tous bourdonnaient autour d’elle ; quant à Lans, il la comblait, l’entourant de fleurs aux parfums mystérieux et entêtants, aux couleurs vives et chantantes.

Leur enfant adoptive même devint plus volubile, accueillant cette future naissance comme un cadeau. Et c’était une pléthore de petits noms, et des projets, des secrets partagés – et lorsque l’enfant posait sa tête auréolée de ses longs cheveux noirs sur le ventre qui maintenant s’arrondissait, et qu’elle chuchotait au petit être ces mots qu’elle ne disait à personne, Olivia sentait monter à ses yeux des larmes de soulagement. Enfin, Evanescence était libérée. Enfin, les fantômes semblaient apaisés.

Il fut midi.

Le soleil brunissait les peaux, réchauffait les cœurs, tous peu à peu oubliaient leur condition de naufragés, si ce n’est ce feu perpétuel à la pointe de l’île nourri de feuilles de palmier, produisant une fumée noire et âcre qui devait se voir à des dizaines de kilomètres – l’espéraient-ils.

Aussi, lorsqu’une corne retentissante vint briser la monotone litanie du flux marin entrecoupé parfois des cris d’oiseaux chamarrés, un long silence s’étendit sur la plage. Puis ce fut un concert de cris, alors qu’un vaisseau apparut à l’horizon, dans la lumière rougeoyante du jour déclinant. Un sentiment contradictoire de libération et de regret les envahit, à mesure que le bateau – l’US Wellstone – se profilait, cessant son approche et masquant la lueur aveuglante de l’astre du jour alors qu’une navette était dépêchée aux abords de la plage.

Olivia, Lans et Eva furent parmi les premiers embarqués, parmi les personnes dont l’état de santé semblait le plus préoccupant aux officiels du navire, d’ailleurs surpris par les teints hâlés et les corps vigoureux des rescapés.

Et la nuit s’annonça, le ciel parsemé d’étoiles éclairant l’US Wellstone qui s’éloignait de l’île un instant asile des passagers du vol 751 pour La Havane, et bientôt de nouveau vierge de toute trace humaine.

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