XXXV – Retour vers le passé

Publié: 28 avril 2008 dans Caldeus Kreen (Finalisé)

Les derniers adieux se font alors que nos héros, après tant de péripéties, s’apprêtent à rejoindre leur monde…


Ils parcoururent les coursives du château jusqu’au pont-levis baissé, ainsi accompagnés par les souffragettes et les gondis qu’ils avaient rejoints non loin, festoyant autour du tas de dents qu’ils avaient finalement retrouvés ; le grand prêtre de la tribu, avait pour l’occasion revêtu son masque fait d’une hure dépecée à la va vite, entourée de mouches grasses, et marmonnait une rapide incantation sur chacun des chicots avant de les remettre à son propriétaire, qui s’empressait de le rajuster dans sa cavité buccale édentée. Tout un chacun appréciait l’instant où enfin il pouvait s’adonner au plaisir de mordre à plein croc dans une belle pomme juteuse à souhait ; et de se jeter l’un sur l’autre pour se mordiller qui le lobe, qui le creux de la main.

Ils traversèrent alors la forêt jusqu’au promontoire illuminé de la lueur rougeoyante du soleil déclinant, dorant le portail d’un halo d’ocre et de pourpre. En son centre un vortex opalescent, légèrement aqueux, s’ouvrait et se fermer spasmodiquement tel le sein impudique dévoilé d’une naïade lascivement étendue130.

– Soldats ! Il est temps maintenant, avant que le portail ne se ferme avant le coucher du soleil ! Dites au revoir à ce monde virtuel, et bonjour aux ruelles solides de Petitpavé !

Ceci dit, le Khapitaine Khaz traversa le passage suintant au bras de la princesse, immédiatement suivi par Maurice à qui la condition batracienne avait laissé quelques séquelles, notamment en matière d’alimentation ; c’est ainsi que, repu des mouches à viande du couvre-chef du prêtre gondis, il avait entrepris une jeune donzelle crapaude en lui chantant sérénade, ce qui avait eu pour conséquence l’envol d’une pléthore de créatures ailées qui hantaient les futaies obscures, et la chute d’un arbre tricentenaire, outre la surdité temporaire de la fière équipe. C’est la tête bourdonnante qu’ils achevèrent donc de gravir la colline où les attendait leur porte de sortie.

Chabroh, hésitant, remercia chaleureusement les souffragettes qui minaudaient devant le grand échalas dont l’aspect physique s’était amélioré de minute en minute depuis qu’il avait été libéré du perdurinthe. Le grand air sûrement. Puis il franchit la porte lumineuse.

Caldeus, à grands renforts de soupirs, regardait au loin le château miroiter dans la lueur du couchant. Tant de trésors ! Il jetait un regard de dédain aux maigres sacs qu’il avait pu emporter, puis se ravisa et se dit que, finalement, il ne s’en tirait pas si mal. Alors seulement, il franchit lui aussi le seuil scintillant, pour ne jamais revenir.

Mais ceci est une autre histoire…

130  Là, l’auteur se reprocha de subir ainsi les affres du printemps et poursuivit le fil de l’histoire.

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