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Publié: 2 mai 2008 dans Amor Fidelis (Finalisée)

Les rescapés du vol 751 ont été recuillis par un navire de la marine américaine. Ils sont sauvés, mais pour combien de temps ? Et de qui, de quoi ? Ce qu’il y a de bien avec cette série, c’est comme le "Loft" : il ne se passe rien mais on reste dans l’expectative.


La jeune Eva avait retrouvé la volubilité naturelle d’une fillette de neuf ans, dévalant les coursives en compagnie des autres enfants qui, parmi les rescapés, auraient pu être ses compagnons de jeu durant ces mois d’isolement. Même le commandant de bord était tombé sous le charme de cette enfant solitaire qui étreignait avec force la modeste poupée de liane tressée modelée par Lans. Ses grands yeux noirs si graves absorbaient l’attention des adultes qui la croisaient, et sa chevelure aile de corbeau, toujours brillante, hantait les longs couloirs nus du vaisseau.

Tous furent débarqués à deux jours de là, dans le petit port de Varadero, où une navette les attendait, qui les mena directement à la Havane. Là, les autorités prirent en charge l’ensemble des survivants et leur fournirent vêtements, papiers d’identité et quelque menue monnaie pour contacter leurs proches sur le continent et leurs assurances.

Ils furent ensuite conduits au dispensaire de Santa Miguel où un prêtre au teint rubicond les guida, traversant une cour arborée, jusqu’à un dortoir aménagé ; des lits de camps, des cuvette d’eau fraîche, et un crucifix au dessus de chaque couchage. On leur expliqua dans la langue espagnole qu’ils pouvaient rester une semaine et qu’ensuite ils devraient soit quitter l’île soit trouver à se loger dans les hôtels de la capitale.

Les femmes s’affairaient au jardin et dans les cuisines tandis que les hommes prêtaient main forte qui pour la rénovation du toit, qui pour la tournée quotidienne dans les bidonvilles et les quartiers défavorisés pour distribuer nourriture, vêtements et bonne parole.

Malgré l’activité et la foule grouillante de la Havane, tous se sentaient moins vivants que sur l’île ; une chose leur manquait, cette fragile liberté, cette agréable précarité qu’ils allaient quitter pour revenir à leur doux foyer, leur confort urbain.

C’est alors qu’elle cueillait des amaryllis pour confectionner un bouquet afin de fleurir l’autel de Santa Maria qu’Olivia sentit les premières contractions lui tordre le ventre.

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