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Publié: 24 juin 2008 dans Amor Fidelis (Finalisée)

Olivia est partie avec Bahrent, son mari qu’elle avait quitté pour refaire sa vie loin, très loin. Comme quoi, la vie, des fois. L’idylle entre Lans et Olivia c’est du passé désormais…


Au petit jour les rayons déjà ardents paraient les contours de l’hacienda de fils d’or ; un trait de lumière vint frapper le front perlé de sueur de Lans ; il se leva, encore engoncé dans les bras de Morphée, et se dirigea d’un pas traînant vers la salle d’eau ; au-dehors le pépiement des moineaux emplissait peu à peu les jardins. L’homme s’humecta le visage, laissant l’eau fraîche couleur le long de sa nuque, et s’observa dans le miroir. Son regard trahissait le désespoir, le vide qui le hantait. Il tendit le poing vers son image, et reposa son front contre la vitre froide. Il était las, inquiet, terrifié même, plus qu’il ne l’avait jamais été, et l’image du corps inerte de Menith lui revint brusquement. Et cette flaque rougeâtre qui s’étalait sous lui, et se rapprochait pour lui lécher les pieds, comme un déferlante implacable… Il devait oublier Menith, l’oublier définitivement, comme il devrait oublier Olivia, un jour.

Il réalisa qu’il n’avait pu dire adieu à la petite Eve. Qu’adviendrait-il de cette fragile fleur ? Bahrent s’était-il réellement amendé ? (Et toi, lui soufflait son inconscient, As-tu expié ton crime ? Ce n’est pas pareil, se rétorquait-il. La mort de Menith était un… accident. Il ne devait plus y penser)

Après le petit déjeuner, il se dirigea vers le bureau du père supérieur et lui exposa son projet ; et lorsque le père Rodrigue eut exprimé ses regrets, qui n’eurent point raison de la détermination naissante et farouche de Lans, il rangea ses maigres biens dans un sac à dos, accrocha solidement les couvertures et les ustensiles que lui donnèrent les moines du dispensaire, et porta Adam contre lui, l’enroulant dans une écharpe qu’une cholita lui avait tricoté et sur laquelle elle avait brodé les mots " Niño de luz ".

Ainsi harnaché, il se rendit au port de la Havane et embarqua dans un bateau en partance pour Cancún. Alors qu’il regardait s’éloigner les côtes cubaines, il sentit que quelquechose resterait à jamais enraciné là-bas. Sur son ventre, Adam dormait profondément. Peu à peu, l’homme laissa le rythme respiratoire de l’enfant le bercer, l’apaiser ; la douleur s’estompait, et de nouvelles perspectives s’ouvraient à lui. Il vivrait désormais pour l’enfant, et lui prodiguerait les soins d’un père ; il serait ses racines, il serait son terreau, et il l’aiderait à devenir un homme de bien.

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