XLI – Un retournement de situation du plus bel effet pour terminer cette saga qui, sinon, serait interminable. Avec son et lumière et un budget faramineux qui nous oblige, hélas, à rester dans le vague.

Publié: 4 avril 2009 dans Caldeus Kreen (Finalisé)

Le procès contre nos héros touche à sa fin… Leur destin semble scellé… Mais soudain !


Dans la lumière déclinante du jour apparurent d’imposantes silhouettes auréolées d’une lueur dorée, et le chœur des Anges semblait chanter à leur approche ; mille clochettes tintinnabulèrent et dans l’édifice la statue de Jacus, la justice à deux visages sembla rougir. De la masse se détachèrent alors deux formes rutilantes, deux armures qui semblaient dotées d’une vie propre, l’une faite d’or pur et de mithril142, ce métal rarissime et indestructible, l’autre couverte du sang de mille démons, gobelins et autres percepteurs. Ainsi harnachés, elles portaient entre autre de magnifiques – quoiqu’effrayantes de tranchitude – haches de taille démesurée.

Caldeus et Kami ne purent que s’agenouiller, ainsi que les quelques nains trempés dès leur jeune âge dans la religion khazalide.

– Throrin et Tufulkan !

Chabroh, lui aussi, plissant les yeux, ne put que s’exclamer en un rictus de joie qui aurait pu passer pour un sourire lors d’un concours de grimaces :

– Père ! Eh, les gars ! C’est Diovignos, dieu du vin et des lendemains de fêtes !

Enfin, la confrérie des clowns tristes, branche dissidente des moines comiques, s’aplatit avec humilité en se grattant la troisième côte à la vue de Sihym le désopilant, qui de toute sa rondeur masquait le soleil couchant au regard de l’assistance.

– Oui, mortels, nous voici, nous, vos Pères et vos Âmes, tonna de sa voix de stentor Tufulkan, dieu des mauvais perdants et des mordeurs de genoux. Nous voici pour clamer l’innocence de ces valeureux héros, qui en dépit de leurs différences, ont fait fi des barrières culturelles et ethniques pour mener à bien leur quête, et sauver l’engeance de votre bien-aimé Roy ! Et quelle parodie de justice offrez-vous aujourd’hui à ces aventuriers ?

– Ouah, tu parles vachement bien ! Lui souffla en aparté Throrin, dieu des risque-tout et du rien-ne-va-plus.

– Oui c’est Khali-Hop qui m’a écrit mon texte.

– Les mecs ! Sourit Sihym d’un ton désinvolte. C’est pas cool ça ! Ces types ils m’ont bien fait marrer moi. Et pour me faire rire, moi, détenteur de la blague ultime et maître du cale en bourg143, il en faut !

– Hips ! Beurhhh… rota Diovignos. Bon, pour faire court, parce que là j’ai un de ces mal de crâne… Chabroh, mon fils, je suis fier de toi. Tu as montré ta bravoure, et la beauté de ton cœur surpasse celle de ton visage (bon, en même temps…). Ta place est prêt de moi, au grand banquet divin ! Et dépêche toi, ça va refroidir.

– Et puis c’est marre ! Hurla Tufulkan. Et d’un geste leste, il lança sa hache rutilante qui se ficha en plein entre les deux yeux du juge équin, qui, bien que très à cheval sur ses principes, s’en trouva fort divisé. Et dans un grand éclair blanc, il disparut, ne laissant sur sa chair qu’une perruque animée d’une vie propre de mille tiques orphelins.

– Quant à vous, les vrais coupables, oui, vous Prince Mironton et toi, maudit sorcier Eli, vous allez être jugés par le tribunal divin. C’est fait ! Vous êtes coupables et condamnés à l’éternel châtiment !

Soudain le sol enfla, et s’ouvrit pour livrer passage à un être tout de noir vêtu, grand comme deux maisons et diffusant autour de lui une obscurité faite de solitude et de désespoir. Tel était Pluth Okreveh, seigneur des Limbes144. D’un geste de sa main griffue, il aspira les âmes des conspirateurs et disparut aussitôt. Tout fut fini en un instant d’intime tristesse au plus profond du cœur de chacun.

– Et moi ? Questionna timidement Jean D’arc Vaahdor.

– Tu n’as été qu’un jouet dans cette aventure. La justice humaine sera bien assez bonne pour toi. Notre rôle est désormais terminé, mais sachez que nous garderons désormais un œil sur Petitpavé ! Que règnent la justice et la probité !

– Probité ? Tu es sûr que ce n’est pas sexuel ?

– Bah… Je crois… Mortels ! Oubliez tout cela, mais garder votre conscience à l’abri des mauvaises tentations ! J’ai dit !

Et tous disparurent, non sans un clin d’œil vers les héros, abasourdis.

Après que l’assistante ait eu repris ses esprits, tous portèrent aux nues Kami Khaz, Caldeus Kreen, Chabroh et Maurice.

Et que se passa-t-il ensuite ? Pour faire court, et parce que les contes doivent bien finir sinon ça ne donnerait pas envie d’en lire d’autres :

Kami Khaz épousa la princesse Gwendolina, désormais héritière du trône de Petitpavé. Le règne de l’ex-capitaine de la milice fut à la hauteur de sa réputation : il fut un Roy juste et loyal envers ses sujets, instaura une paix durable avec les hameaux voisins, et offrit de jolis peignes à sa bien-aimée. Ils n’eurent point d’héritier et ce qu’advint le royaume après les deux cent sept ans de règne de Kami Khaz ne nous concerne que peu (en gros : ils tentèrent l’expérience d’élire un despote au sourire mielleux ce qui entraîna une guerre civile sans précédent et brisa à jamais l’économie de Petitpavé qui fut bientôt absorbée par l’expansion sans précédent de Sendubri, qui embauchait à tour de bras les enguigneurs nains, ces mineurs à moitié fous que l’on disait exposés à une roche luminescente aux effets mystiques, et qui construisaient nuit et jour des machines magiques – d’aucuns disaient maléfiques). On notera seulement qu’à la mort de la reine Gwendolina, tous pleurèrent beaucoup mais soupirèrent un peu d’enfin pouvoir défaire les tapisseries fuschia de leurs murs.

Chabroh partit pour le domaine des Dieux, mais se fâcha bien vite avec ses parents car il ne supportait ni la viande rouge, ni l’alcool. Il s’installa donc à Petitpavé où il s’occupa de l’école de religion globale et d’abstinence sacrificielle.

Maurice devint capitaine de la garde royale ; il avalait bien parfois une mouche ou deux, mais le sort qu’il avait subi ne lui laissa aucune séquelle conséquante.

Quant à Caldeus, que devint-il ? Il repartit en quête de son destin, à la recherche de cette ligne de feu qui devait guider sa vie, écoutant dans le bruissement des feuilles ou le crépitement des flammes le chant de Throrin…

 Mais ceci est une autre histoire…

142 A ce propos il est à noter que la confusion malheureusement fréquente avec les myrtilles a provoqué nombre de troubles digestifs et un sens du ridicule plus qu’à propos sur les champs de batailles pour nombre de soldats khazalides.
143 Ancêtre du coup de la panne.
144 Les Limbes, royaume des âmes damnées, étaient divisées en cercles : parmi les plus prisées il y avait les Limbes Agoh, où la souffrance était de mise, les Limbes Huvabl, plaines de la soif éternelle. Quant au cercle sobrement appelé « Oh », c’est bon pour les abdos.

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commentaires
  1. Pierre dit :

    Snifff, mon histoire favorite sur ce blog qui se termine…

  2. Stephane 'Stein' dit :

    Bientôt disponible en relié pleine page peau de zébu !

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