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Publié: 8 mai 2009 dans Amor Fidelis (Finalisée)

Adam ayant appris que sa mère vit (a priori) en France doit désormais reconstituer sa vie à partir des pièces du puzzle… Y parviendra-t-il ?


S’engageant dans le couloir qui menait à la porte d’embarcation numéro douze en direction de Paris, Adam ne put réprimer un soupir. Qu’allait-il faire une fois arrivé en France ? Etait-ce son pays, son identité ? Il s’était longuement regardé dans le miroir parsemé d’éclaboussures suspectes des toilettes publiques, observant son teint hâlé, sa peau déjà tannée par le soleil, ses cheveux blonds coupés courts, semblables à un champ de blé après les moissons, ses yeux profonds et rieurs d’apparence ; malgré cela, il se sentait mexicain, tout autant que tous les camarades qu’il laissait, et qui le surnommait " Adamarillo ", tous ceux qui avaient partagé sa jeunesse… Et Llorca.

Il monta à bord de l’avion avec appréhension. C’était la première fois qu’il quittait Cancún ; et qui plus est qu’il quittait le continent américain ! Qu’allait-il trouver là-bas ? Des réponses ? Il n’avait même pas les coordonnées de sa mère. Les maigres indices que son père lui avait fournis lui permettrait-il de reconstituer le puzzle de son existence ?

Il s’assit et attacha sa ceinture, suivant scrupuleusement les instructions de l’hôtesse de l’air qui, au son d’une voix off, mimait les différentes consignes de sécurité, indiquant les issues de secours, la sortie du masque à oxygène et le gilet de sauvetage sous le siège. Tout cela dans un espagnol au fort accent français. Il se remémorait l’histoire de son père, ce crash dont ils avaient survécu et qui avait été le début de leur amour. Fermant les yeux, il s’imaginait le bruit des parois se déchirant, la violence du vent contre sa peau, les échardes de métal se plantant autour de lui, la puissance de la gravité le ramenant au sol.

A côté de lui, une vieille dame lui sourit gentiment.

– C’est la première fois que vous prenez l’avion ? Ne soyez pas si tendu, il n’y a rien à craindre ! Je le prends deux fois par an pour aller voir mon fils qui a réussi en France, c’est lui qui me paie le billet alors vous pensez ! La seule chose que vous ayez à craindre, ce sont les plateaux-repas !

Amusé et peu à peu rassuré par le ton désinvolte de sa voisine de cabine, il se détendit quelque peu.

Puis l’avion décolla ; il garda les yeux rivés sur le hublot, observant l’asphalte défiler de plus en plus vite, puis s’éloigner alors que les réacteurs rugissaient ; l’aéroport de Veracruz apparut bientôt comme une balafre sur la peau émeraude ; puis les dédales de la cité tentaculaire cédèrent la place à l’étendue océane.

Désormais il était seul.

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