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Publié: 10 septembre 2009 dans Amor Fidelis (Finalisée)

Succombant aux charmes de la jeune inconnue, Adam, fraîchement débarqué à Paris, s’embarque dans un romantisme de base…


A l’arrêt du RER B, elle le fit descendre en le tenant par la main ; ils remontèrent les escaliers quatre à quatre pour arriver devant les grilles du parc Montsouris ; là, après un sourire espiègle, elle escalada les grilles, en partie cachée par un kiosque fermé à cette heure-ci, et il la suivit. Le parc était désert et silencieux, seulement hanté du chant d’oiseaux nocturnes et de la brise secouant les feuilles. L’obscurité était totale, n’étaient-ce les ombres mouvantes à la lueur des réverbères à l’extérieur du parc. Ils marchaient main dans la main, silencieux, engoncés dans leur bien-être, s’emplissant de cette nature domptée mais vivante, si vivante, et leur chaleur humaine dansant autour d’eux comme mille feux-follets. Adam se tourna vers la jeune femme, caressant du pouce les phalanges de sa guide, et effleura de ses lèvres une joue refroidie.

– Tu ne m’as pas dit comment tu t’appelais ?

– Est-ce important ? Est-ce nécessaire ? Pourquoi ne m’appellerais-tu pas Fleur ou Fantasme ? Comment me nommerais-tu, telle que tu me vois ce soir ?

Adam sourit à cette remarque. Depuis que la jeune femme était apparue à ses sens, tout lui paraissait remis en question, un ordre nouveau s’établissait. De nouvelles structures s’érigeaient, solides, sur lesquelles il lui semblait pouvoir s’appuyer, construire, ériger un avenir sûr.

– Je… Je t’appellerai Mienne.

Elle se mit à rire, d’un rire franc, sonore, éclatant, lumineux.

– Alors je serai tienne, Adam. Je serai tienne. Maintenant.

Elle s’assit alors dans l’herbe tiède de cette chaude journée, et ôta ses oripeaux un à un, comme on effeuille une marguerite. Là, à l’abri des regards, elle s’offrit à l’air nocturne, sa peau s’ornant d’une myriade de perles sous la fraîcheur relative de la nuit. Adam, suffoqué, se laissa entraîner sur le tapis de verdure, et leurs deux être s’échauffèrent à l’unisson.

Ils s’assoupissaient lentement désormais, leurs corps alanguis et éreintés, lorsque les pas du gardien du parc les éveillèrent. Ils s’habillèrent prestemment et rejoignirent le grillage qu’ils escaladèrent, retenant le rire qui secouait leurs entrailles. Ils terminèrent cette nuit dans le lit de l’inconnue, enlacés et fourbus.

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