Triptykon – Eparistera Daimones

Publié: 16 juin 2010 dans Tympan Heureux
Triptykon démarre là où Celtic Frost nous avait laissé avec Monotheist : sur le carreau, abasourdis, écrasés par ce death/doom gothique pesant et puissant, aux accords désaccordés, malsain et si attirant. On retrouve Thomas Gabriel Fischer alias Tom G.Warrior derrière les machines, H.R. Giger à la pochette (c’est bien de faire travailler les artistes locaux). La Suisse n’est pas que l’autre pays du fromage, et le coucou de Tom G. ne donne plus vraiment l’heure exacte. On sent que l’album a été accouché dans la douleur, tout ça ne respire pas la joie de vivre ! On appréciera cependant le travail graphique fourni, chaque "lyric" accompagné d’un détail de l’oeuvre appliquée à la pochette, et suivi d’une explication de textes. A classer dans la même catégorie que Halmstad de Shining. On n’est pas ici dans la technicité, la recherche de l’accord parfait ou la mélodie à reprendre en choeur. Non, on est au plus profond des abysses tortueuses d’un homme névrosé au plus haut point, qui au lieu de chercher la lumière, s’enfonce, toujours un peu plus…
 
Goetia : Une intro très dark, ambiance cathédrale déchue, puis la batterie, infernale, scande la litanie ; et un titre profane qui me fait penser à Hunter-Killer de Fear Factory. ("I am a criminal" répondant au "Under a frozen sun, Under a burning moon"). Me fait penser aussi au Flexing Muscles d’Entombed (sur Inferno ; "Male, masculine, icon ; pathetic godlike clone"). 11 minutes de paganisme en demi-ton.
Abyss within my soul : Un morceau plus doom, confortable comme une paire de charentaises en béton.
In shrouds decayed : Des murmures inquiétants, la voix de Tom G.Warrior monte en même temps que guitares et percussions se lèvent, jusqu’à l’apothéose.
Shrine : Gémissements et compagnie.
A thousand lies : Ca s’énèrve, burnout ? On sent toute la rancoeur dans ce morceau. Allez, Tommy, ça ira mieux après.
Descendant : Un morceau plus efficace, mais toujours aussi sombre.
Myopic empire : Gélatineux, voilà le mot. Avec ce refrain, "pain", craché en pleine figure, et un coulant "myopic empire", et ce final au piano assez troublant.
My pain : Une intro fraîche comme l’intérieur d’une grotte illuminée par d’étranges choses volantes phosphorescentes, où Tom et Simone se murmurent tour à tour leurs misères.
The prolonging : Dur et long, comme on les aime. Une intro bien poussive (dis, monsieur, tes accords, tu pourrais les faire plus bas ?) ; Tom G. Warrior a l’air un brin constipé ; un final sur une note positive ? "As you perish, I shall live" alors qu’au départ on était plutôt sur "Let me descend"…
 
On pourrait reprocher à cet album une certaine monotonie, mais n’est-ce pas plutôt une homogénéité, comme si tout l’opus n’était qu’un seul morceau, découpé par de brèves respirations ?
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