Le cimetière de Prague

Publié: 24 juin 2011 dans Au gré des lectures

d’Umberto Eco.

Un nouvel Eco, c’est comme une cuvée millésimée ; on l’attend avec impatience et on est rarement déçu. Et en même temps… Ce roman que l’on peut recouper avec le pendule de Foucault (l’anecdote du cimetière de Prague y est évoquée), laisse un arrière-goût amer.

Le protagoniste, un misanthrope férocement antisémite, sorte de négatif de Forrest Gump, manipulateur, roublard, haineux, retrace sa vie vécue en dichotomie avec son double – un mystérieux abbé trafiquant d’hosties consacrées. Il traverse l’époque trouble de fin du XIXe siècle, participe aux révoltes garibaldiennes, à l’affaire Dreyfus, rencontre un certain « Froïde » qui lui parle d’une fumeuse thérapie des rêves, et fournit le matériel des Protocoles des Sages de Sion.

Si ce livre laisse perplexe, c’est pour son ton durement antisémite, mais connaissant l’auteur, c’est simplement le tour de force de réussir à faire détester son héros dont la fin n’est que juste récompense. Encore tout un tas d’histoires dans l’Histoire, où l’on en apprend un peu plus, avec de l’humour, noir certes, mais pour un papy de plus de 80 printemps, l’Umberto à la verve encore saillante !

(D’ailleurs je tombe à l’instant sur cet article du NouvelObs qui confirme mon malaise)

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