Archives de la catégorie ‘Rien que pour vos yeux’

Swiss Army Man

Publié: 24 avril 2017 dans Rien que pour vos yeux

de Daniel & Daniel.

Vous avez dit OVNI ? Je dis oui. A l’instar d’un Robert Pattinson qui, pour sortir du stéréotype vampire à deux sous (et son rôle de Cédric « Je meurs au chapitre IV » Diggory dans « Harry Potter ») s’acoquine avec David Cronenberg (entre autres) pour prouver qu’il est un « vrai » acteur, Daniel « Harry Potter » Radcliffe s’est essayé à casser son image de gamin à lunettes un peu Caliméro (c’est vrai, quoi, Harry Potter n’est pas le héros qu’on imagine, la morale c’est surtout « sachez bien vous entouré, le jour où vous aurez un pépin vous serez bien content »). On citera entre autres l’étrange et sympathique « Horns » d’Alexandre Aja, et ce « Swiss Army Man » sorti en toute discrétion l’année dernière et disponible sur Netflix (merci Netflix).

Le synopsis ? Hank – Paul Dano (qu’on a pu voir dans « Little Miss Sunshine », « Looper », « Prisoners » entre autres), perdu sur une île déserte, va mettre fin à ses jours. Mais voilà qu’il tombe sur le cadavre rejeté par la mer de Daniel Radcliffe. Un cadavre qui recèle des pouvoirs extraordinaires – qui pète, crache de l’eau et va devenir le confident et la bouée de sauvetage d’Hank.

Oui, ça ressemble à « Seul au monde » avec Tom Hanks, c’est bien plus perché. Et malgré ce qu’on peut croire, jouer un cadavre ce n’est pas de tout repos. Un film qui aurait pu être de mauvais goût, mais se révèle poétique, sensible, bref, un petit OVNI (Objet Visuel Non Identifié), bijou à voir absolument.

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One More Time With FeelingsFaire précéder la sortie de son dernier album d’un long métrage en exorcisant la genèse peut paraître grandiloquent, voire pompeux. Il n’en est rien.

Suite à la perte tragique de son fils Arthur, Nick Cave maîtrise ici l’art de se livrer et de livrer son intimité de personnage public – on le voit avec sa femme et son second fils – avec pudeur, retenue, mais sans faux-semblant, expliquant le vide qu’il ressent, la vacuité de son écriture, philosophant sur cette vague nauséeuse qui le relie toujours à ce « trauma » (dixit). Phrases justes, emphases poétiques et au final, un album qui (à voir si cela se confirme à l’écoute), entre l’introspection à la Boatman’s Call et les expérimentations sonores et minimalistes à la Push The Sky Away (Pas sûr que l’influence de Warren Ellis m’inspire confiance pour la suite tant on a l’impression que le playboy gothique subisse l’influence du gourou violoneux), promet des heures nostalgiques.

Un rockumentaire donc, émaillé de nombreux silences, de voix off, de vrais-faux clip, d’ambiance rehearsal qui ravira le fan. On attend donc que ce long métrage accompagne une édition limitée de l’album ! (Mais j’en doute)

Adopte un veuf

Publié: 18 mai 2016 dans Rien que pour vos yeux

de François Désagnat.

Adopte un veufEn France on n’a pas de pétrole mais on a de bonnes petites comédies avec l’inénarrable André Dussolier (qu’on a l’impression d’avoir connu toujours vieux, depuis Aïe en passant par Tanguy ou les adaptations plus ou moins libres d’Agatha Christie avec la sublime Catherine Frot)

On ne va pas parler ici du drame social de l’isolement des personnes âgées, des affres du veuvage ou des étudiants SDF obligés de se prostituer pour vivre. On a simplement quatre personnes aux caractères antinomiques qui tentent de cohabiter. Là où on aurait pu s’attendre à un Tatie Danielle au masculin, on se retrouve plutôt avec le contraire – un bonhomme quelque peu renfrogné qui voit sa vie bousculée par trois olibrius pas méchants, mais quelque peu… envahissant.

Bref une comédie rafraîchissante qui fait du bien par où elle passe.

jloAu lieu d’aller m’esgourder Carcass, Napalm Death, Obituary et Voivod au Transbo ou même Ghost au Radiant, on m’a suis dit, « tiens, si on allait voir la fin de Hunger Games ? »

C’est vrai quoi, on avait enfin droit à une saga pour ado intelligente, sur fond de monde apocalyptique et de média propagandiste déchaîné, un Donald Sutherland en génie du mal et la « révélation » Jennifer Lawrence dont la plastique « normale » la rend tout de suite sympathique.

Qu’en est-il de ce dénouement ? Alors que (sans spoiler, sauf si vous n’avez pas vu les trois premiers films) la révolte est en marche et que les rebelles avancent vers le Capitole, le « geai moqueur » a les nerfs graves. Elle veut en finir avec Snow et son despotisme. Mais ce dernier a plus d’un tour dans son sac et mettra des bâtons dans les roues à l’armée libre. Pyrotechnie et compagnie, on a même droit (sigh) a des mutants pas beaux et anthropophages (on l’a vu dans la bande annonce).

Alors moi je dis : POURQUOI ! Pourquoi dans une histoire qui se tient y mettre des créatures qui ne nous font plus ni chaud ni froid, sorte d’aliens blafards numérisés alors que l’utopie post apocalyptique se suffisait à elle-même ?

Bref, du bon, du moins bon, du convenu, mais de beaux plans malgré tout et puis, bon, les derniers rôles de Philip Seymour Hoffman, ça ne se refuse pas…

Foo Fighters - Sonic HighwaysJe ne vais pas parler ici du CD, mais du « rockumentaire » en 8 épisodes retraçant la génèse dudit album, mais surtout l’amour que porte Dave Grohl à la musique. Une série intime, pleine d’humilité, où l’on voit le groupe en toute simplicité (bon, après, c’est filmé, on pourrait se dire que c’est du chiqué), notamment Dave boire un canon au bar d’à côté pendant que Taylor Hawkins s’escrime à enregistrer ses percus, où l’ancien batteur proposer à un gamin dans la rue qui l’a reconnu et donc les yeux brillent d’admiration de venir visiter le studio où ils enregistrent… On voit des échanges avec des légendes de la musique, blues, rock, hip hop, jazz, punk (Buddy Guy, Thurston Moore (Sonic Youth), Steve Albini (le producteur, mais aussi l’ancien chanteur des Black Flags)Rick Rubin, Josh Homme (Kyuss, QOTSA…), …) On perçoit l’héritage culturel, le métissage, les influences…

Et du coup on est un peu déçu du résultat au vu du challenge : une chanson enregistrée dans un studio différent à chaque fois (quel boulot pour Butch Vig !) ; l’écoute desdits morceaux en fin d’épisode laissent plutôt mitigés. On est loin du Foo des débuts, nerveux, spontané, moqueur parfois.

de Francis Lawrence.

Bon, aux premières images on est un peu déboussolé. Quoi qu’y s’est passé précédemment ? Un bref flashback aurait été agréable. Mais bon…

Donald Sutherland jouissif en dictateur sadique, un épisode plus posé, avec un regard acide sur les média, la dernière (?) apparition de Philip Seymour Hoffman (Ah non, il est aussi dans la 2e partie)

Bref, un blockbuster qui fait réfléchir ? C’est possible. Mais pas trop.

de Lee Daniels. (En français, Le Majordome)

A qui l’on doit aussi le poignant Precious, où les mêmes Mariah Carey et Lenny Kravitz font des caméos – anecdotique pour Mariah, plus complet – mais guère plus complexe – pour Lenny. Au premier abord, on va crier au merveilleux film que voilà, retraçant des décennies et des présidences aussi diverses que contradictoires, l’évolution de la situation des noirs au E.U. Après cette première gorgée d’enthousiasme, on va se rendre compte que The Help (La couleur des sentiments) l’était tout aussi. Et qu’au final, on pousse peut-être un peu le bouchon des bons sentiments.

C’est vrai quoi, j’ai beau apprécier Forest Whitaker, son jeu est tout de même bien figé, expressif comme un plateau d’argent ; la métamorphose discrète cependant de John Cusack, Liev Schreiber (Sabretooth !), James Marsden (Cyclop !en président des Etats-Unis d’Amérique est assez efficace, la confrontation un même idéal – deux manières de procéder de Martin Luther King et Malcolm X bien dessinée.

Bon, allez, d’accord, j’ai passé un bon moment !