Oldelaf et Monsieur D - Chansons ConsPeut-on le considérer comme une oeuvre de jeunesse ? Album vieux de quinze ans déjà, premier opus du groupe Oldelaf et Monsieur D (dont je remercie Vince pour l’initiation), qui sent ses débuts, avec des mélodies très « variété françaiaiaise môssieu », en duo avec des groupes alternatifs à la mode, à l’époque (Les Blérots de RAVEL, les Petits Humains avec lesquels Oldelaf avait interprété L’Explorateur en 2002, mais aussi Les Ogres de Barback (?)) ; si quelques titres sortent du lot et se laissent reprendre en choeur (« Raoul le Pitbull », « Le Gros Ours »), d’autres prêtent à sourire (« Ker Chansonnec », « J’aime pas la piscine », « Tire-Fesses ») et d’autres laissent perplexes (« Père Noël »).

Bref, malgré quelques maladresses, ce premier album signé OLDELAF laissait présager le succès qu’on lui connaît, désormais qu’il est « bankable ».

Et toujours, à voir en concert, parce que ça vaut le coup !

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de Fred Vargas

Fred Vargas - Quand sort la recluseTout allait bien, on avait devant les yeux un bon petit roman policier, plein de fausses pistes, de flics torturés au côté sombre, des trames qui s’enchevêtrent, un commissaire aux méthodes holistiques ou peu s’en faut…

Et puis l’auteur s’emballe et nous sort un dénouement abracadabrantesque (et je vous défie de l’écrire), en rajoutant une surcouche de morbide et en exagérant le mobile déjà bien sordide du roman. Pourquoi mais pourquoi, quand le scénario initial était plausible, pertinent et prenant, pourquoi rajouter du morbide et du glauque ?

Ayant malgré tout beaucoup apprécié le style de Fred Vargas, je ne lui tiendrais pas rigueur de cette exagération.

Oldelaf – Goliath

Publié: 19 février 2018 dans Tympan Heureux

Oldelaf - GoliathIl se sera fait attendre, le successeur de Dimanche. Et le 5 titres offert aux KissKissBankBankers en attendant la sortie du troisième opus « solo » de M. De Laf m’aura mis le doute : Oldelaf a-t-il perdu son mojo ?

Et bien, à l’écoute de Goliath, je peux vous assurer que non ! Et si le retard de livraison est, apparemment, du aux difficultés inhérentes à l’autoproduction de cet album, je ne peux que féliciter Oldelaf et son équipe d’avoir pris le temps. Les morceaux sont volubiles, chamarrés, des choeurs, de violons, de l’emphase, qui loin de gâcher les textes toujours aussi truculents et poétiques, les soulignent au stabilo rose fluo.

L’album s’ouvre sur « Le Poisson », petite fable entraînante et amusante, et enchaîne sur deux titres plus doux-amer, « Elle Dit » et l’incompréhension homme/femme, et « Mais Les Enfants » et le dur métier de parents. De la douceur et de l’amertume encore avec « L’Amour à l’Hotel Ibis » sur les travers des amours interdites. « Clara », la parisienne et « L’Orgueil » en demi-teinte suivent de près les plus faiblards « Rond » et « On Pourrait ». Tout cela sent le vécu, la nostalgie, crise de la quarantaine ?

Reprise de « Crépi », version Maxime Le Forestier (en tous cas c’est à lui que ça m’a fait penser !), « Et Si » qui m’a fait penser à ces paroles extraites de « Les Hippopotames » sur l’album Dernière Chance d’Etre Disque D’Or (sur lequel on retrouve aussi « Le Crépi ») :

« Et puis Jeff Buckley
Il nage mal mais il nage aussi »

On arrive au clou du pestacle, ZE plus belle chanson de l’album : « Le Coeur Fenouil ». Où l’on peut être poignant et drôle à la fois. Bravo M.Oldelaf.

So Much For Pathos, comme dirait les Monty Pythons, le morceau le plus barré de l’album : « J’Aime le Tennis » et son ambiance à la Max Pecas. J’adore. Pas le tennis hein, la chanson.

Et pour clore l’album, « Plante des Tomates », sympa avec ses rimes en -ate (il fallait le faire).

Parlera-t-on des morceaux bonus ? Oui. « C’est Michel », barré, « Première Classe », rigolote, « Marc Lévy », mouais, « La Tristitude 2017 », chantée à la bouche avec des nouvelles paroles, du beatbox, j’adooore !, et puis les reprises acoustiques de « Elle Dit » et « Nancy », un morceau que les nancéiens doivent détester mais que j’adore. Cap’ d’en faire une sur Lyon tout pareil ?

Bref, un album a écouter encore et encore, à l’instar des précédents.

A Ecouter : « L’Amour à l’Hôtel Ibis », « Le Coeur Fenouil », « J’aime le Tennis »

A Eviter : « Rond », « Clara », « L’Orgueil », « On Pourrait ». Mais on pourrait aussi les écouter.

L’Océan au bout du chemin

Publié: 26 janvier 2018 dans Au gré des lectures

de Neil Gaiman (encore).

Neil Gaiman - L'Océan au bout du cheminJe suis comme ça moi. Quand j’aime, j’en bois jusqu’à la lie (Ou j’en lis jusqu’aux abois)

Bref, après le très bon et chamarré recueil Miroirs et Fumée, voici un roman inspiré d’éléments autobiographiques, qui verse rapidement dans le fantastique, avec un sentiment de filiation avec Ray Bradbury. Une poésie dans les mots et dans le déroulement de l’histoire – la rencontre du protagoniste avec une petite fille qui affirme que la mare dans son jardin est un océan, qui donne l’impression d’avoir parcouru une nouvelle d’une cinquantaine de pages. On passe du réel au mythe comme Alice traversant le miroir, tout se fait si naturellement que c’en est presque déroutant.

Encore un livre que je conseille, aux rêveurs, et aux autres qui regardent d’un air hautain la littérature de l’imaginaire.

Miroirs et Fumée

Publié: 9 janvier 2018 dans Au gré des lectures
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de Neil Gaiman.

Neil Gaiman - Miroirs & FuméeVoici un des auteurs qui fait partie de mon échelle d’inspiration. Jusqu’à ce jour, pas un de ses écrits ne m’a déçu, d’American Gods à Coraline en passant par Par Bonheur, le lait ou Neverwhere. Et voici que le larron nous propose une sélection pas piquée des hannetons des nouvelles dont il est coupable. Une anthologie sous forme de kaléidoscope, qui permet d’apprécier l’étendue du talent du monsieur : il n’y a pas deux nouvelles identiques, dans le fond comme dans la forme. Tantôt en prose, tantôt en vers (bien sûr, à la traduction, on y perd), des bluettes souvent teintées de fantastique, parfois intimistes, parfois pastiche, avec, ô joie, une introduction en guise de « comment tout a commencé » : à chaque nouvelle la genèse de sa création. L’auteur avoue les nouvelles sur commande, mais d’une pirouette nous sort un lapin du chapeau. Quand le tour est bien joué, on ne peut que savourer, même s’il est connu.

Car, à lire « Le Troll Sous le Pont » ou « Le cadeau de mariage », on a un sentiment de déjà vu. Mais c’est pa grave parce que c’est bien. Et des nouvelles comme « Chevalerie » et cet humour so british, où la beauté caché de « Le bassin aux poissons » ne font que renforcer le plaisir d’un livre qui se dévore.

Morbid Angel - Kingdoms DisdainedJ’allais entamer ma dithyrambe par « Déjà, ils ont dérogé à la règle d’intituler leurs albums en ordre alphabétique, depuis Altars of Madness« , mais en fait il y a eu un album live en 2015 nommé Juvenilia, donc non.

On pourra critiquer, une fois encore, la pochette, avec ce logo beaucoup trop sombre pour aller avec ce pourpre profond. Ce serait être tatillon. Parlons donc de la musique.

Six ans, c’est long. Peut-être pour faire oublier le succès mitigé de Illud Divinum Insanus (que, pour ma part, j’ai beaucoup apprécié), peut-être aussi pour éponger les dissidences au sein du groupe. Du coup : exit David Vincent (il a du chercher un raccourci que jamais il ne trouva), retour de Steve Tucker au growl. Et Erik Rutan à la prod, qui nous a habitué à du lourd, du très lourd (Cannibal Corpse, Goatwhore, Soilent Green…) Résultat : on est loin du son indus du prédécesseur. Droit au but, pas de fioritures, si ce n’est quelques soli old school bien placés. Le fait est qu’on n’est pas là pour beurrer les tartines. A l’instar de Cryptopsy qui, après l’échec de The Unspoken King, dont les penchants -core ont déçu les fans de la première heure, a ressorti les vieilles gamelles avec le bourrin Cryptopsy.

Est-ce donc la faute de la fanbase ? Un groupe ne peut-il se redéfinir, prendre des risques ? (On ne parle pas d’une batterie de casseroles comme sur le St.Anger de Metallica ou d’un rap metal mollasson comme sur Digimortal de Fear Factory, pas des erreurs de parcours, mais plutôt des expérimentations)

Il manque peut-être ce grain de folie que l’on retrouvait sur Formulas Fatal to the Flesh ou Gates of Annihilation. Mais cette linéarité ne gâche pas le plaisir. La claque est là. et les quelques fioritures sur « The Pillars Crumbling » ou « Declaring New Law » font office de cerise sur le bateau.

Vuur  - In This Moment We Are Free - CitiesQuand Anneke « Rhaa Lovely » Van Giersbergen pond un nouveau projet, on ne peut que s’y intéresser. Après son éviction du mythique groupe Prog-Metal the Gathering sortant de son succès d’estime avec le désormais classique double album « How To Measure a Planet? », son projet solo Agua de Annique coupable du très aérien « Air » (entre autres) et sa participation au Devin Townsend Band (+ quelques extras fisherman’s friend avec Napalm Death et Moonspell – It’s a bit strong !), la voilà qui remet le couvert sur le feu (vuur en néerlandais) avec cet album concept, où chaque titre est lié à une capitale visitée par la donzelle au timbre clair et chatoyant. Si le gimmick « In this moment we are free » est le leitmotiv présent sur chaque titre – ou presque, la tentative de donner une atmosphère différente à chaque titre a relativement échoué. On reste dans un rock progressif – comprenez pas de titre à moins de 4min 🙂 avec des branlages de manche, excusez l’expression. Berlin, Rotterdam, Beyrouth, San Francisco, Rio, Londres, Santiago, Mexico, Helsinki, Istanbul et Paris ont donc droit chacune à leur interprétation vocale et guitaristique, aux rythmes syncopés qui ne sont pas sans rappelé un certain Devin – on se rapproche plus d’un son à la « Addicted! » qu’aux précédents méfaits de notre batave préférée, et je ne vous raconte pas de salade.

Bref, si on retrouve toujours avec plaisir celle qui ferait passer Lara Fabian et Céline Dion pour des chanteuses de radio-crochet, on s’attendait à peut-être plus de folie, moins d’homogénéité. On nous promettait du feu, et au final, sans être un réchaud à gaz, on se retrouve avec une tiédeur plutôt malvenue. « Lauw » aurait mieux convenu au nom du groupe.