Nydvind - Seas Of OblivionPresque vingt ans de carrière. Succès d’estime pour un groupe qui navigue dans les eaux sombres du pagan metal et se lance en 2018 dans la réalisation d’une tétralogie autour des quatre éléments. Et qui ouvre le feu avec l’élément Eau et cette « mer de l’oubli ».

L’album semble évoquer ces navigateurs explorateurs de mondes inconnus, vikings peut-être ? Avec une intro telle de « Plying the Oars » qui sent bon les embruns avant de démarrer les hostilités (onze minutes !) avec « Sailing towards the Unknown ». Tout est dit, un morceau proprement épique, comme Nydvind nous avait habitué (on retrouve ces ambiances depuis Eternal Winter Domain), qui n’est pas sans rappeler Bathory et ses épopées odinesques. Des riffs tonitruants donc, avec des passages en mid tempo et des descentes de toms sans rappel. « Skywrath » (la colère des cieux) porte bien son nom et continue dans le martelage. On la sent bien, la tempête ! « ‘Til the Moon Drowns » est bien plus black, et c’est comme ça qu’on l’aime ! Richard Loudin alternant les passages growlés et ceux chantés, où l’accent français pointe férocement – mais bon, quand Fernando Ribeiro (Moonspell) chante, lui aussi a sûrement un accent portugais qui pointe entre deux syllabes, c’est ce qui fait le charme de ces groupes chantant dans une langue autre que leur langue natale !

Le morceau le plus faible de l’album, à mon sens, « Seas of Thalardh » fait penser à du Alestorm, un peu naïve, chanson de pirate d’eau douce. Faux pas vivement rattrapé par « The Dweller of the Deep » qui tatane son calamar géant. Classique, mais efficace. « Through Primeval Waters » repart de plus belle – ben dis donc, la mer est bien agitée en ce moment ! Quelques passages plus calmes permettent de respirer quelque peu avant le grand final « Unveiling a new Earth » : la destination finale ? Un morceau qui débute en douceur avant de repartir sur les riffs infernaux plus digne d’un débarquement de 14/18 que d’un accostage sur une terre inconnue !

Bref, un voyage plutôt mouvementé, pour un groupe qui semble ne pas avoir bougé d’un iota en vingt ans : toujours une belle maîtrise de l’ouvrage, entre grandiloquence et ambiances nordiques. On attend avec impatience les trois prochains épisodes !

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Ghost - Prequelle On l’attendait : la suite à un Meliora unanimement salué, alors qu’on tremblait à l’annonce du clash Tobias Forge avec certaines goules pour une plate histoire de pépètes, exit les personnages de Papa Emeritus, les papes sataniques des précédents albums, et bienvenue au Cardinal Copia.

Après une intro « Ashes » superfétatoire, « Rats » envoie du bois avec des premières notes presque death, vite rattrapées par un synthé Bontempi et une batterie plus heavy, suivi de la voix si particulière du Cardinal. Un morceau sympatoche, sans plus. « Faith » et sa mélodie accrocheuse rappelle quand même de précédents morceaux, malgré les soli et les breaks disséminés ici et là.

« See The Light », très pop dans son approche, ressemble à du A-Ha qui voudrait se la jouer plus heavy ; « Miasma », le premier intermède instrumental fait penser à un générique de série des années 80 avec sa grosse caisse qui sonne creux et ses envolées synthétiques.

« Dance Macabre », sent le tube, plus pop que jamais, avec sa bluette amoureuse « in the moonlight ». « Pro Memoria » et son intro violons / piano fait oublier les paroles qui sentent le soufre « Lucifer Whispering Silently Into Your Mind »… et son petit refrain entêtant, cet album fonctionnerait-il au diesel avec ce démarrage si lent et qu’ENFIN, voilà les titres qui commencent à devenir intéressants ?

Avec « Witch Image », la théorie semble confirmée. Un titre sympa, qui donne envie de remuer du popotin. Second interlude sans parole avec « Helvetesfönster » (Fenêtre sur l’Enfer, mais qui correspond aussi à l’autre nom de l’ajourage des surcots portés par les femmes au Moyen-Âge) où l’on retrouve quelques accents des mélodies de l’album, le tout porté par un synthé qui s’assume. Curieux.

« Life Eternal », tout en douceur, clôt cet album qui dans sa première partie, demande une écoute appuyée pour être appréciée pleinement.

En bonus track, la reprise de « It’s a Sin » des Pet Shop Boys convainc plus que celle d' »Avalanche » de Leonard Cohen.

Loin d’être le meilleur album de Ghost B.C. (Infestissumam et Meliora tiennent le haut du panier), Prequelle enfonce le clou du genre « Heavy Pop Satanique » que le groupe affectionne avec des sonorités plus eighties que jamais. On ne le dira jamais assez, mais Ghost B.C., c’est Abba satanique.

On aura du mal à trouver un titre vraiment accrocheur (sauf peut-être « Dance Macabre » – à l’instar de « Secular Haze », « Zombie Queen », « Mummy Dust » ou « From the Pinnacle to the Pit », pour ne citer qu’eux)), mais de toute manière, Ghost s’apprécie uniquement au treizième degré.

Yob – Our Raw Heart

Publié: 15 juin 2018 dans Tympan Heureux
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Yob - Our Raw HeartJe frémis toujours à l’annonce d’une nouvelle galette de la bande à Mike Scheidt. Le stoner doom inimitable de Yob ne peut laisser insensible et des titres comme « Universe Throb », « Doom #2 » ou « Grasping Air » sont des pures bombes.

Loin des mélopées éthérées d’un « Catharsis », des vrombissements chtoniens (« Atma ») ou des tempi plus rock tels « Nothing to Win », cet album respire la douleur et la peine. Des titres comme « Ablaze », « Beauty in Falling Leaves » ou « Original Face » s’apprivoisent en douceur, comme un animal apeuré.

Le son, à l’« image » de la voix, est usé, passé, délavé, mais garde une puissance hypnotique, avec ces riffs qui tournent ad libidum (ou ad nauseam, c’est selon).

« The Screen », lui, assomme, tel le rouleau compresseur qu’il est. Il casse presque l’ambiance citée plus haut, il dégage plus de colère contenue. Pour ma part je trouve qu’il fait un peu tâche dans le tableau.

Le dyptique « In Reverie / Lungs Reach », plus classique dans la partie centrale, dégage une certaine froideur.

Reste le titre éponyme de clôture, « Our Raw Heart », avec ses arpèges effleurés en intro et ses quatorze minutes qui me font penser à « Diamond Sea » des Sonic Youth sur Washing Machine, je ne sais pas pourquoi.

Mike Scheidt semble soulager ici les problèmes de santé qu’il a vécus fin 2017 (Atteint de Diverticulite Aigüe si j’ai bien tout compris), et livrer ses démons.

Un album curieusement moins accessible que certains de ses précédents, mais qui semble plus personnel, plus pur (d’où, nonobstant, le titre). Recommandé ? Certainement !

Chabtan – Nine Levels

Publié: 11 juin 2018 dans Tympan Heureux
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Chabtan - Nine LevelsFaisant suite à un Kiss of Coatlicue plein de promesses, le quintette parisien remet le couvert avec 11 titres aux accents mésoaméricains, comme il se doit.

La production se veut plus abrasive, avec une basse vrombissante, presque désaccordée, à la limite du nu metal.

Un album concept autour de la chute de l’empire Maya au Guatemala, dont le fil conducteur semble être le voyage spirituel du dernier roi maya.

L’intro de « The Last Maya King » nous plonge dans l’atmosphère moite de la forêt amazonienne – on se croirait dans « La Forêt d’Emeraude », jusqu’à l’arrivée des premiers riffs, qui tels des bulldozers viennent ratiboiser la canopée. La rythmique est martiale – on dirait du Samael – mais on revient bien vite au propos deathcore.

« Escaping Seven-Death » fait penser à du Gojira.

« Among the Demons » apporte une dimension plus orchestrée à l’ensemble. « Jaguars Hunter » plus sombre, plus caverneux est suivi d’un « Never Ending Pain » avec des balances plutôt curieuses lors des refrains, la voix de tête étant nettement en arrière des choeurs…

« Maya Messiahs » et son ambiance mêlant flûte de pans et choeurs de missionnaires

« Xibalba » (le monde des morts dans la mythologie maya) remet le couvert à coups de marteaux. « The Fall of Nojpetén » (la capitale du royaume des Itzas, au nord du Guatemala, avant l’arrivée des conquistadors) se veut brutal et symbolise bien la violence avec laquelle les conquistadors envahirent cette région.

« Nourishing by Four Gods » « Facing One-Death », au tempo plus lent, plus mélodique,

L’album se conclut sur « The Last Maya God »

Un bel effort au niveau des mélodies avec une approche chamarrée, lorgnant tantôt vers le death pur, le tribal, le groove metal ou le death mélodique, la touche ethnique disséminée de ci, de là, histoire de bien marquer le genre de prédilection du groupe. On n’est pas dans du folk metal à la Eluveitie ou de l’extreme metal tel Rotting Christ.

L’on reprochera peut-être un chant hurlé trop uniforme, mais pour un second album, même sans être un grand amateur du genre -core, on ne peut qu’applaudir l’effort. A voir sur scène dans nos régions ?

Red Sparrow

Publié: 8 mai 2018 dans Rien que pour vos yeux

de Francis Lawrence

Francis Lawrence - Red SparrowUn bon film d’espionnage – apparemment un très bon roman à la base -, au coeur d’une guerre froide consommée, avec des jeux de dupes qui laissent perplexes jusqu’au bout.

Quelques scènes peuvent heurter la sensibilité, mais bon, on n’est pas dans Hostel non plus hein, on a vu pire 🙂

Le jeu de Jennifer Lawrence vaut bien celui de Hunger Games, et ce n’est pas un hasard si le réalisateur a choisi la même actrice pour ce rôle physique malgré tout.

Bref, malgré un Jeremy Irons pas crédible en général russe (j’aurai préféré Mads Mikkelsen et une Charlotte Rampling qu’on aurait aimé voir plus sombre encore, on a une belle brochette d’acteur, avec un Joel Edgerton qui vaut bien Jeremy Renner, et un Matthias Schoenaerts qui a un faux air de Poutine…

Oldelaf et Monsieur D - Chansons ConsPeut-on le considérer comme une oeuvre de jeunesse ? Album vieux de quinze ans déjà, premier opus du groupe Oldelaf et Monsieur D (dont je remercie Vince pour l’initiation), qui sent ses débuts, avec des mélodies très « variété françaiaiaise môssieu », en duo avec des groupes alternatifs à la mode, à l’époque (Les Blérots de RAVEL, les Petits Humains avec lesquels Oldelaf avait interprété L’Explorateur en 2002, mais aussi Les Ogres de Barback (?)) ; si quelques titres sortent du lot et se laissent reprendre en choeur (« Raoul le Pitbull », « Le Gros Ours »), d’autres prêtent à sourire (« Ker Chansonnec », « J’aime pas la piscine », « Tire-Fesses ») et d’autres laissent perplexes (« Père Noël »).

Bref, malgré quelques maladresses, ce premier album signé OLDELAF laissait présager le succès qu’on lui connaît, désormais qu’il est « bankable ».

Et toujours, à voir en concert, parce que ça vaut le coup !

de Fred Vargas

Fred Vargas - Quand sort la recluseTout allait bien, on avait devant les yeux un bon petit roman policier, plein de fausses pistes, de flics torturés au côté sombre, des trames qui s’enchevêtrent, un commissaire aux méthodes holistiques ou peu s’en faut…

Et puis l’auteur s’emballe et nous sort un dénouement abracadabrantesque (et je vous défie de l’écrire), en rajoutant une surcouche de morbide et en exagérant le mobile déjà bien sordide du roman. Pourquoi mais pourquoi, quand le scénario initial était plausible, pertinent et prenant, pourquoi rajouter du morbide et du glauque ?

Ayant malgré tout beaucoup apprécié le style de Fred Vargas, je ne lui tiendrais pas rigueur de cette exagération.