Vuur  - In This Moment We Are Free - CitiesQuand Anneke « Rhaa Lovely » Van Giersbergen pond un nouveau projet, on ne peut que s’y intéresser. Après son éviction du mythique groupe Prog-Metal the Gathering sortant de son succès d’estime avec le désormais classique double album « How To Measure a Planet? », son projet solo Agua de Annique coupable du très aérien « Air » (entre autres) et sa participation au Devin Townsend Band (+ quelques extras fisherman’s friend avec Napalm Death et Moonspell – It’s a bit strong !), la voilà qui remet le couvert sur le feu (vuur en néerlandais) avec cet album concept, où chaque titre est lié à une capitale visitée par la donzelle au timbre clair et chatoyant. Si le gimmick « In this moment we are free » est le leitmotiv présent sur chaque titre – ou presque, la tentative de donner une atmosphère différente à chaque titre a relativement échoué. On reste dans un rock progressif – comprenez pas de titre à moins de 4min 🙂 avec des branlages de manche, excusez l’expression. Berlin, Rotterdam, Beyrouth, San Francisco, Rio, Londres, Santiago, Mexico, Helsinki, Istanbul et Paris ont donc droit chacune à leur interprétation vocale et guitaristique, aux rythmes syncopés qui ne sont pas sans rappelé un certain Devin – on se rapproche plus d’un son à la « Addicted! » qu’aux précédents méfaits de notre batave préférée, et je ne vous raconte pas de salade.

Bref, si on retrouve toujours avec plaisir celle qui ferait passer Lara Fabian et Céline Dion pour des chanteuses de radio-crochet, on s’attendait à peut-être plus de folie, moins d’homogénéité. On nous promettait du feu, et au final, sans être un réchaud à gaz, on se retrouve avec une tiédeur plutôt malvenue. « Lauw » aurait mieux convenu au nom du groupe.

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Moonspell – 1755

Publié: 14 novembre 2017 dans News
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Moonspell - 1755Après le plutôt sympathique Extinct orienté gothic rock (avec une pointe de métal quand même), Moonspell réhausse le ton, et en portugais, s’il vous plait. 1755 est un album que l’on pourrait qualifier de concept puisque narrant le séisme de 1755 qui ravagea Lisbonne un premier novembre, jetant le pays dans une terreur divine sans nom.

On notera déjà que la pochette n’est pas de Seth Siro Anton.

On entre dans le vif du sujet avec une revisite orchestrale du « Em Nome Do Medo » déjà ouï sur Alpha Noir, et donc plus intimiste et angoissante, suivie du très martial « 1755 » et ses envolées de violons et choeurs féminins en oxymore au chant guttural de Fernando Ribeiro. Le single « In Tremor Dei » suit dans la même veine, quoiqu’un peu plus rock. « Desastre » enfonce le clou. « Abañao », « Evento », reprennent une formule identique. « 1 de Novembro » étonne par un chant heavy après les hurlements féroces précédents ; « Ruínas », au tempo plus lourd, signe le dernier tiers de l’album, talonné par un « Todos os Santo » rock’n roll, « Lanterna dos Afogados » concluant l’opus sur un ton sombre et intimiste ; la boucle est bouclée.

On regrettera un mix un poil trop incisif (basses trop peu présentes – sur un thème aussi chtonien, j’aurais bien vu une bonne ligne de basse bien profonde), et une certaine linéarité dans le chant et les riffs. Mais on ne pourra pas reprocher à Moonspell de ne pas se réinventer à chaque album.

Ecce N°11

Publié: 11 octobre 2017 dans Ecce

Ecce 11Onzième mouture, déjà ! Du magazine dématérialisé dédié aux univers de l’irréel. Avec, encore une fois, du lourd, du très lourd.

Eva Reitzer ouvre le bal avec « Le Doppelgänger ».

Stein (c’est moi) vous propose un petit tour dans le monde du métal « hybride », mélangeant gros son et musiques traditionnelles ou autres genres musicaux plus classiques. Avec quelques petites critiques en passant (qu’on aura déjà pu lire dans ces lignes)
Ainsi qu’en passant, un tour d’horizon des festivals métal qui parsèment notre bel hexagone.

LVCM s’entretient avec Philippe Caza, ex-auteur prolifique de bandes dessinées et co-auteurs des longs métrage Gandahar (qui a bercé mon enfance) et Les enfants de la pluie. Rien que ça.

Audrey Calviac offre une pause littéraire avec « La femme des neiges » avant la rubrique de Pierre Weber qui nous présente le travail de Lorenzo Mattotti avant de nous exposer ses coups de coeur bédéesques.

En guise de plat principal, on prendra un Bürger (Ah Ah), plus précisément trois nouvelles de Gottfried August Bürger, « La Chasse Infernale » suivie de « Lénore » (dont on ressort lessivé, re-ah ah) et enfin « La fille du pasteur de Taubenhain »

Cliquez sur l’image pour récupérer votre exemplaire. Car, oui, la culture est à la portée de tous !

Le Long Cosmos

Publié: 3 octobre 2017 dans Au gré des lectures

de Stephen Baxter et – feu – Terry Pratchett.

Cinquième et dernier volet de la saga de la « Longue Terre », cette épopée sur les voyages dans les mondes parallèles. On a le sentiment que la participation de Terry Pratchett ici se résume à la portion congrue – le troll Sancho, bibliothécaire, mouais…

Si le propos est intéressant, il est ici alourdit d’hypothèses scientifiques propres à la Hard Sci-Fi chère à Stephen Baxter. Alors qu’au fil des pérégrinations on aurait pu se laisser aller à un traité plus poétique, contemplatif, à la Chroniques Martiennes, on se voit là asséner de théories poncives qui rendent presque la lecture pénible. Quant au propos du synopsis – cet appel lancé à la population mondiale et au voyage annoncé par le titre, il se résume aux trente dernières pages.

Pourtant tout portait à croire qu’il y allait avoir de l’action : Josué Valienté seul et blessé à des millions de passages de la Terre Originelle, les Suivants qui élaborent une machine qui les dépassent eux-mêmes… Ou alors un Tome 6 signé Baxter-lui-tout-seul ?

SepticFlesh – The Codex Omega

Publié: 4 septembre 2017 dans News

Un nouvel album de SepticFlesh, ça ne se refuse pas. Pour le visuel d’abord, et le travail graphique sombre et fourmillant de Seth Siro Anton, qui à l’instar de Jeff Grimal (The Great Old Ones, Spectrale), a su imposer son univers au monde du métal (bon, après, de là à le mettre dans son salon hein…)

Ensuite, pour le travail sur le son. Puissant. Enveloppé. Symphonique. On retrouve d’ailleurs la tendance déjà présente sur Titan à rajouter une couche de violons et de choeurs par dessus la déferlante de riffs tapageurs et de growls assourdis – parce que, le Seth, là, il a encore baissé d’un demi-ton son chant guttural non ? Ca reste compréhensible, mais nom de dieux, ça décrasse les tympans ! Quels titres sortent du lot, parmi lesquels « Portrait of a Headless Man » et « Enemy of Truth ». Un album dans la lignée des précédents, tout en emphase, mais jusqu’où nos héllènes iront-ils ?

A noter le bonus disc avec une réinterprétation des titres en version symphonique par le FILMharmonic Orchestra of Prague, des habitués du genre puisqu’ayant opéré de même sur Titan, mais aussi The Great Mass. Un exercice de style plutôt intéressant si on aime le classique – et le métal.

Où l’on retrouve avec plaisir Tiphaine Patraque et les Nac Mac Feegle (voir Les Ch’tits Hommes Libres), troisième aventure de la jeune bergère sorcière malgré elle, au caractère aussi trempé qu’Esméralda Ciredutemps, aux prises cette fois avec l’Esprit de l’Hiver, le Façonneur de Flocons, le Souffleur de Blizzard ; amoureux, ou tout du moins tentant d’être amoureux comme le sont les humains. Car, et oui, Terry Pratchett aime à jouer à interpréter les agissements du commun des mortels au pied de la lettre. Et ça donne des situations cocasses quand la Mort, par exemple, remplace le Père Noël (ce qui n’est pas sans rappeler un Etrange Noël de Monsieur Jack), ou qu’il (et oui, la mort est une anthropomorphication masculine de la mort) prend sa retraite pour devenir faucheur… de blé.

Là, on rigole moins. l’Hiverrier n’a aucun humour, ou alors, glacial. Le roman est plutôt sombre, même si l’on apprécie toujours autant la verve et le bon mot de Terry Pratchett. Où l’on constate aussi que Tiphaine reste une enfant grandie trop vite.

L’Univers du Disque-Monde est peuplé de sorcières qui sont sans doute les personnages ayant le plus de bon sens dans cette folie.

Un bon petit vent frais en cette période de canicule !

Joyland

Publié: 25 août 2017 dans News

de Stephen King.

Aurait pu apparaître sous le nom de feu Richard Bachman tant il dénote dans l’oeuvre tournée horrifique / thriller / fantastique du King. Un roman sur l’adolescence, l’amour, les fêtes foraines et leur magie inhérente avec un zeste de fantastique – quand même – qui tourne au roman policier sur le dernier cinquième. Un roman prenant, tout en douceur – c’est moi ou avec l’âge, le romancier devient nostalgique de ces heures « heureuses » ?

Je m’attendais à une sorte d’hommage à La foire des ténèbres de Ray Bradbury, mais rien à voir. On suit l’adolescent au coeur brisé qui se fait embauché en tant qu’homme à tout faire au parc « Joyland » et s’y sent comme chez lui. Sa lente guérison. Ses rencontres. Et puis…

Captivant, doux-amer, un roman idéal pour l’été. Ca change de Musso 🙂