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Finale

Publié: 6 novembre 2007 dans Buut ! (Finalisé)
La GERTRUDE et la STOP ont vaincu Dieu et ses sbires, et décident d’oeuvrer pour la paix dans le monde…


Alors que Sol Stix pointait au zénith son teint soufré et que Sol Karley dardait ses rayons ocres sur le paysage urbain de Podopolis, enrobant les cités dortoir de halos orpiments, Johnny faisait les cent pas dans son bureau, sous les regards inquiets de Mo et de Miranda.

– Euh, boss, loin de moi l’idée de vous détourner de vos préoccupations, mais j’aimerai parler de comptabilité… tenta Mo

– Grml… où sont-ils donc ! On devait se voir pour discuter des nouveaux contrats ! Du merchandising ! Du livre ! « Comment j’ai battu Dieu au podosphère intergalactique » ! Un best seller !

– Mais vous savez, le compte professionnel de la Banque Interstellaire pour le Développement des Ondes Négatives que vous aviez ouvert pour aider à l’invasion krullienne des planétoïdes non inscrits à la Ligue Officielle ? En fait elle a fait faillite…

– Et alors ? Il nous reste le compte de la Banque Rigellienne Unifiée des Zombis Urbains Financés !

– Ben… Tout est passé dans le budget pub… La gelée à la framboise géante, l’orchestre des momies du Machu-Pichu, Les vaches limousines pour conduire les joueurs au stade, etc. Tout y est passé ! On est ruiné ! On n’a plus un jeton pour les projets farfelus que vous pourriez avoir en tête ! Johnny, je n’avais même pas assez d’argent pour penser à un quelconque détournement de fonds !

– Oh, Mo, vous m’en voyez navré, minauda Johnny d’un air mauvais.

– Mais vous ne comprenez pas ! On est la fin du mois et vous ne pouvez payer personne ! Vous devriez plutôt prier afin qu’ils ne viennent pas au bureau aujourd’hui !

– Vous êtes trop ras de terre, Mo, ça vous limite les perspectives. Moi je vois grand, je vois loin !

C’est alors que le « cling ! » de la porte d’entrée retentit.

– Chef ! S’écria alors Marcus. Désolé pour le retard, on avait rendez-vous pour déposer les statuts de notre nouvelle association : Tous Unis pour Libérer les Individus Potentiellement Exposés. Notre victoire est déjà parvenue aux oreilles des autorités compétentes et ils nous ont offert un crédit illimité pour la mise en place des infrastructures !

Aux mots crédits illimités, Johnny éternua trois fois pour enfin stabiliser sa morphologie en un complexe gazeux mauve.

– Mes chers amis ! Mes enfants ! L’Universitaire9 , il n’y a rien de mieux. Dépêchez donc un délégué pour discuter avec moi dans mon bureau.

– Ben, comme on n’y connaît pas grand chose dans le monde des affaires, on a pensé à…

– A moi ? Mes enfants, mes amis, je saurai me montrer digne de votre confiance. Où sont les chéquiers ?

– En fait non… On s’est dit que votre notion de la stratégie nous avait mené plusieurs fois au désastre, parfois avec pertes et fracas. On s’est dit que Mo’Money pouvait nous guider dans nos investissements…

– Mollo les gars, vous êtes encore sous contrat avec moi, au cas où vous l’auriez oublié ! Alors ! ça se prend pour de grands joueurs ! ça fait le fanfaron parce que ça a combattu les légions célestes dans le grand Schéol ! Ah mais je…

C’est alors qu’un courant d’air dispersa un Johnny gazeux qui s’empourprait à s’échauffer ainsi l’esprit, laissant pantois les anciens joueurs de la GERTRUDE habitués à la harangue de leur ancien entraîneur. Lorsqu’ils s’aperçurent que le silence s’éternisait, ils entreprirent de mettre au point un plan heptennal de financement et grâce aux bons soins de Mo’Money, (et ceci malgré quelques détournements mineurs de fonds), augmentèrent leur capital, diffusèrent de par le monde leur message de paix par l’apprentissage du podosphère intergalactique sur tous les astres habités, et fondèrent la GIMME (Groupement d’Investissements de Mo’Money et son Equipe) pour la mise sur le marché des goodies (statuettes à l’effigie des différents joueurs, plastrons frappés du slogan « Tape du pied où je pense », jeu holographique « GERTRUDE vs DIEU vitesse lumière platinium édition plus alpha sans sucre», etc.

23Z6 épousa Miranda, et put ainsi l’upgrader en version 24.00. Ils eurent deux petits logiciels de simulation et lorsqu’un virus de type Vatferware obligea leurs concepteurs à effacer leur mémoire, ils entreprirent de conquérir une canette vide de Radium-Cola sur laquelle s’était développé un micro-organisme intelligent. Ils sont à ce jour toujours en conflit avec ce micro-organisme.

Marcus « Mordicus » décida de rentrer sur sa planète constituée à quatre-vingt seize pour cent de marécage et y fonda un foyer avec d’autres gastéropodes géants de son espèce. Il mène une vie heureuse entourée de ses trois femelles et de ses huit rejetons, sur une feuille de salade verte.

Dans sa demeure de R’lyeh, Kooloo stagne.

Le podosphère se porte bien.

9 De l’humanitaire, en plus grand.

13-0

Publié: 12 septembre 2007 dans Buut ! (Finalisé)

L’ange Ariel écarta les bras en marmonnant et un vortex se créa alors, duquel sortait un vent violent.

– Il est temps pour vous de rejoindre votre monde !

Tous se précipitèrent comme un seul homme dans le néant qui s’ouvrait devant eux, poussant contre le souffle puissant qui en émanait. Ils atterrirent les uns sur les autres, au milieu du stade de Bêta d’Olympiade, où la foule incrédule s’étonna de voir réapparaître les équipes dépenaillées. Des hurlements de joie, des acclamations, des huées les couvrir pendant une vingtaine de minutes. Luigi Pustulo se précipita vers ses joueurs, minaudant des « mes petits ! mes petits ! » entre deux halètements rauques.Johnny se tourna alors vers son équipe :

– Vous êtes sûr alors ? Vous voulez abandonner le merveilleux sport qu’est le podosphère pour consacrer votre temps à aider les minorités stellaires ?

– Oui boss !

– Bien ! Dans ce cas-là rendez-vous demain matin au bureau ! Nous en reparlerons.

Pendant ce temps, le commentateur vociférait des exclamations d’incrédibilité.

– C’est incroyable ! C’est inouï ! C’est la première fois dans l’histoire du podosphère que cela se produit ! Et ! Mais ! Oh ! Voilà les joueurs de la GERTRUDE qui donnent l’accolade aux joueurs de la STOP ! Et Luigi Pustulo qui mâchonne son chapeau ! Et Johnny Random qui se frotte les mains ! Et ! Mais que font-ils ? Oh là là ! Ils quittent le stade alors que le match a à peine commencé ! C’est incroyable ! etc. Et effectivement, sous les invectives du public outré qui leur jetait force hot-blob, sandwiches au thon des Mers Lunaires, cornets de frites phosphorescentes, les sportifs quittaient le stade bras dessus bras dessous.

Et la nuit, harassée, tomba.

Johnny tapotait nerveusement le dessus de son bureau en faux marbre alors que les trois soleils s’élevaient au-dessus de Planétoïde XVII. Miranda 23.15.a fut surprise de voir son patron présent à l’office dès potron-minet.

Quelques temps plus tard ce fut au tour de Mo’Money, le comptable de s’étonner :

– Vous êtes bien matinal, patron ?

– Ouais, mais c’est pas le cas de l’équipe !

12-0

Publié: 20 août 2007 dans Buut ! (Finalisé)

Dans un « plop » assez misérable, tous les séraphins disparurent, sauf le numéro I, en suspension dans les airs et toisant les joueurs au sol. Les podosphéristes de la STOP et de la GERTRUDE se jetèrent dans les bras, les tentacules et tout autre membre supérieur les uns des autres, et hurlèrent leur joie, alors que Johnny, éternuant une nouvelle fois, s’évita le désarroi d’être transformé en flaque boueuse. Il se retrouva dans sa forme initiale, mèche détrempée et veste en lambeaux, la peau d’un bleu violacé, tremblant comme une feuille. Levant les yeux, il aperçut la silhouette menaçante dont le sigle ornant le maillot brillait de mille feux, le trait vertical constellé de diamants noirs projetant des faisceaux de lumière obscure.

– Regardez ! Il en reste un ! s’exclama Johnny.

– Oui, je suis celui-là ! Je suis Gab Ariel et je trouble votre esprit ! Je suis la matrice, l’unique, le nouméro ouno ! Et je gagnerai ce match ! Au nom du Dieu qui m’a engendré !

Et, ce disant, il se précipita sur le podosphère qui tentait discrètement une échappée, barrissant sous l’effort.Pour Johnny, le moment était propice pour sortir son arme secrète : Lee Larazuzizoo XIII. Celui-ci s’avança, et dans un concert de cliquetis effroyable, projeta une main aussi large qu’une plage ventolienne8, attrapa l’ange gardien de but, et le descendit à hauteur du capitaine de la GERTRUDE.

– Bien, monsieur Ariel, vous vous êtes fait mousser, et maintenant vous vous êtes fait moucher. Maintenant, vous allez nous ramener chez nous et laisser le sport aux humanoïdes d’honneur.

– Jamais ! Vous n’êtes pas dignes des créatures du Tout-Puissant ! Vous grlglglmgl…

– Pardon ? J’ai cru entendre « pas de problème » ?

Il m’étrangle…

– Lee, tu peux desserrer… un peu. Bien, ramenez-nous sur Bêta d’Olympiade immédiatement. Nous avons un match à gagner, pas vrai les gars ?

– Ouais…

– PAS VRAI LES GARS ?

– Bah, c’est à dire qu’on s’est dit, avec les copains de la STOP, que maintenant on aurait du mal à jouer les uns contre les autres, et même Léon qui a été mordu par Marcus ne lui en veut pas. On préférerait se lancer dans l’aide interstellaire.

– Je sais pas, c’est rentable ?

8 La planète Ventoline VIII a une superficie de neuf cent quatre-vingt quatre kilomètres carrés, est constituée à quatre-vingt treize pour cent d’eau et possède un volcan de vingt-sept kilomètres de haut. Sa plage, constituée d’éclat de roches et de lave solidifiée, sur laquelle se reproduit par parthénogenèse un unique être protoplasmique appelé le Renifleur. Le fait est qu’il dévore ses embryons. Faut bien s’occuper.

11-0

Publié: 1 août 2007 dans Buut ! (Finalisé)

Alors que les éclairs zébraient le ciel pourpre, que Xlzb commençait à se sentir vaseux, toute cette eau détrempant la glaise dans laquelle il était sculpté, les joueurs des deux équipes s’affrontaient pour la capture de la sphère merrienne. Fistula l’arcturienne volait telle une torpille, suivant les courants ascendants grâce à ses membranes extensibles, et 23Z-6 se précipitait à la rencontre du podosphère, suivi de prêt par les deux archanges MIMI et DIX. Il appauvrit momentanément son mélange combustible en oxygène afin de projeter par son réacteur un nuage autant toxique qu’impénétrable qui ralentit un instant ses assaillants. Lorsqu’ils sortirent enfin de la purée de pois, ce fut pour apercevoir devant eux la nymphe céruléenne, bras étendus comme pour les accueillir. Son envergure dépassait de loin la leur, et ils se retrouvèrent vite pris dans les membranes qui leur parurent aussi douce qu’un drap de soitex5 ; mais lorsque Fistula referma ses bras sur eux, la fine pellicule devint aussi dure que l’acierex6, et dans un grand « bong » ils se trouvèrent sonnés et descendirent en flèche vers le sol rugueux.

Pendant ce temps, l’ex-défenseur de la GERTRUDE s’était emparé du podosphère et lâcha une forte onde électromagnétique qui détourna l’objet de sa course pour la précipiter vers Bleuargh qui assénait de vigoureux coups d’élytres aux anges dont les maillots s’ornaient des numéros MIDI et CIDI. Ses antennes préhensiles s’emparèrent de la sphère juste avant qu’elle ne se transforme en pachyderme de Zéta 13, une sorte de grosse boule grise pourvue d’énormes oreilles, d’une trompe ridiculement petite et d’ailes de fortunes qui parvenaient malgré tout à le porter au gré des vents stellaires7. Il le goba instantanément juste avant de l’éjecter par son excretum vers Tenta-kyle. Ce dernier s’enroula autour du projectile, et se glissa jusqu’aux cages adverses (figurées par deux figuiers rabougris) et marqua le premier but.

– Alors, Dieu ? Qu’est-ce que vous dites de ça ! Jubila Johnny, qui, ayant pris froid sous cette pluie diluvienne, s’était trouvé changé en Impalpable de Vénus

– De quoi parlez-vous ? Intima la voix. Un grand panneau lumineux apparut dans le ciel, indiquant « FILS DE DIEU : 1 – INFIDELES : 0 »

– Comment ça, zéro ? Et ce but, ne me dites pas qu’il n’est pas valable ? !

– Il est valable, mais c’était votre côté du stade. Ah. Ah. Ah.

– Tricheur ! Vous modifiez la réalité !

– Prouvez-le, minable mortel !

– Très bien ! Z31-12, repasses-nous l’enregistrement du match ! Vous voyez, Dieu, toutes nos recrues cybernétiques sont équipées d’équipement d’enregistrement automatique… Qu’est-ce que vous dites de ça ?

– C’est pas juste ! Je suis Dieu ! Je fais ce que je veux !

– Si vous êtes Dieu, alors vous devez faire le Bien !

– Et alors ? Le Bien c’est ce que j’estime être bien ! Et c’est bien quand je gagne ! Tonna la Voix.

Soudain, le ciel s’emplit d’une lueur verte et une autre Voix, plus tonnante encore, hurla :

– Qu’est-ce que tu fiches encore ici ! Tu devrais être à l’école !

– Mais, maman, je fais le Bien !

– Tu feras le bien plus tard ! Range ta chambre et file en classe !

– Mais greumleu greumleu greumleu…

– Y’a pas de mais !

Et soudain tout s’éteignit.

5 Soie naturelle produite par le bombyx du caoutchouc.
6 Métal produit par le bombyx du bistouri chirurgical.
7 Il est à noter que cette forme de vie est en faite extrêmement légère, car remplie de gaz. Lorsque l’on a la circonférence d’un dirigeable et que l’on vit sur une planète hérissée de cactus hauts comme des montagnes, on a tendance à friser le burnout.

10-0

Publié: 30 mai 2007 dans Buut ! (Finalisé)

Une pluie torrentielle s’abattit sur les équipes. D’un côté, les archanges de l’équipe des TEVU, ébrouant leurs ailes d’un geste gracile, les éclairs jetant dans leur regard à facettes mille lueurs démoniaques ; de l’autre, les rescapés de la CESLA, dépenaillés, ensanglantés, décontenancés, et bouillonnant, la rage au cœur.

A leur tête, Xlzb, tremblant de froid malgré les écailles de sa forme reptilienne. Il éternua deux fois, et dans un nuage de fumée ocre apparut aux yeux de tous sous la forme d’un Rocailleux de Numisma du Centaure. L’ondée coulait le long des crevasses que formaient les veines de quartz argileux, faisant scintiller les minuscules éclats de schiste et d’obsidienne comme autant de joyaux ornant son imposante stature.

Dans un roulement de tonnerre, la voix caverneuse de Dieu s’éleva et annonça le début du Grand Match :

– Ainsi soit-Il, tonna-t-il.

Aussitôt, sortie de nulle part, apparut une sphère de match un peu particulière : légèrement aplatie aux pôles, elle était décorée de motifs en reliefs qui laissèrent les joueurs perplexes :

– Hey ! ça serait pas une cartographie multidimensionnelle de la planète Merre ? ça me rappelle mes cours d’interstellographie du cours préparatoire subliminal !

– Ceci EST la planète Merre, berceau de toute civilisation humanoïde, origine du Grand Tout ! De votre victoire – ou votre défaite – dépendra le sort de toute vie dans l’Univers ! Si vous gagnez, je laisserai régner la paix à laquelle vous semblez vouloir aspirer, au risque de voir dépérir mon Culte ; mais si la TEVU remporte le match, j’accomplirai sur toute colonie merrienne de grands miracles et vous, mortels, sacrifierez votre sang pour obtenir l’Ultime Vérité ! Mais trêve de palabres ! Engagez le combat !

Aussitôt le numéro MIX de l’équipe angélique attrapa la sphère et la projeta avec force dans les cieux d’un noir de plomb. Les numéros MIMI et DIX s’élevèrent alors, laissant derrière eux les trombes d’eau.

Johnny Random se tourna vers une arcturienne de l’ancienne équipe de la STOP, qui d’après son maillot se nommait Fistula et qui se protégeait de la pluie de sa membrane dorsale. L’invectivant dans son dialecte (composé essentiellement de mouvements de l’appendice caudal que le capitaine put forger dans la glaise que constituait son postérieur), il l’invita à se lancer à la poursuite des séraphins. 23Z-6 brancha son réacteur, sa visée laser, et poursuivit lui aussi la sphère qui devait les conduire à la victoire.

– Marcus ! Arrête de mâchouiller tes coéquipiers et prépare-toi à la réception ! Fistula et 23Z-6 vont employer la technique du Gong !

9-0

Publié: 9 mai 2007 dans Buut ! (Finalisé)

– Je suis Dieu ! tonna la voix. On vit alors les quelques intégristes marmoléens qui faisaient partie du public se prosterner en s’arrachant leurs vêtements ; les martyrs du Temple du Grand Repentir sortirent leur Grande Lame du Pardon et se l’enfoncèrent dans le plexus planétaire, suitant un dernier « Désolé ».

Le reste des survivants, pour la plupart athées ou polypethéistes (depuis la sortie du grand brûlot de Nietzsche XG-23 (générateur automatique de philosophie quantique devenu fou au début du millénaire) Dieu est momentanément indisponible, rappelez plus tard, la population de l’univers connu s’était tourné vers le culte du Grand Poulpe, bon enfant et toujours prompt à fournir de bons buffets au sortir de l’Eglise), posèrent la même question :

– Quel Dieu ?

– Mécréants ! Agnostiques ! Je suis Dieu ! Le Seul ! La Vérité Inique !

– Euh, vous voulez dire unique ?

– Taisez-vous ! Le sol trembla, le ciel se brouilla ; la boule de feu devint encore plus incandescente. Je vous ai fait venir à moi pour raviver votre foi pourrissante ! La paix interstellaire règne depuis trop longtemps, les mortels n’ont plus de raison de croire, à plus forte raison de croire en moi ! Vous tous qui êtes ici avez désormais la preuve de mon existence. Vous allez porter un message de perte et d’armure au Monde !

– Hum, vous voulez dire de Paix et d’Amour ?

– Cessez de m’interrompre ! Ragea la Voix. Pour que la Foi renaisse de ses cendres, elle doit être éprouvée ; une grande et sainte guerre va être déclenchée et vous, Enfants de ma Divine Semence, vous serez ma soldatesque !

– Mais c’est complètement stupide – sauf Votre respect ! Coupa Johnny Random, toujours lézardant. Le podosphère galactique a été créé pour remplacer ces conflits massifs et destructeurs !

– Quoi ?! Plus de sang versé ?

– Oh, si, ça arrive, un peu de sang, quelques vertèbres déplacées, un ou deux os brisés, mais tout cela au niveau d’une équipe planétaire qui représente les couleurs de son peuple ! D’ailleurs vous venez d’interrompre un match vital pour l’équilibre des gouvernements !

– Ah bon ? J’ai fait ça, moi ? La Voix se fit boudeuse. Déjà qu’on m’oublie, si en plus on a une mauvaise image de moi… Soit, infime créature. Alors, vous allez jouer pour moi ! Et vous allez jouer contre l’équipe des Terribles Enfants de la Victoire de L’Unique ! Car mon engeance sera terrible !

Aussitôt, dans un déluge d’éclairs et de lumière, sortirent du firmament une vingtaine d’humanoïdes aux yeux à facettes, vêtus d’une armure étincelante, portés par des ailes diaphanes dans les nues interstellaires. Chacun portait un numéro en chiffre romain.

– D’accord ! Joueurs de la GERTRUDE et de la STOP ! Unissons-nous ! Formons la Cruelle Equipe des Survivants de la Lumière de l’Apocalypse ! Tue TEVU !

Et Dieu, dans un soupir, marmonna :

– CESLA, oui.

8-0

Publié: 17 avril 2007 dans Buut ! (Finalisé)

La sphère se mit alors à enfler dans un vrombissement d’un niveau sonore intolérable, qui obligea le public aquafondien à se boucher les ouïes. Elle s’étala jusqu’à former un trou noir de la dimension du stade, engloutissant joueurs, arbrites, supporters, et la loge où les managers s’empoignaient à qui mieux-mieux, inconscients du spectacle qui s’offrait aux yeux du reporter qui, lui, transpirait de grosses gouttes acides.

Toute la population podosphérique se retrouva propulsée dans un long tunnel de lumière, où défilaient de scintillantes volutes aux reflets de néons fluorescents, bribes d’Histoire de planètes oubliées, voix perdues à jamais, et soudain un « BuUut ! ! » retentit, stoppant net leur voyage.

Pêle-mêle, tout ce petit monde se retrouva plus ou moins avec un appendice étranger dans l’œil – sauf les infrasols de Zêta Réticuli, dépourvu d’orbites. Johnny, bouleversé, éternua trois-quatre fois et se retrouva sous la forme d’un saurien d’une quinzaine d’unité de longueur de haut, rappelant vaguement la forme d’un végan.

– Lee ! Marcus ! Quelqu’un ! Aidez-moi à me relever où je mords ce que je trouve !

Peu à peu, les rescapés se dégagèrent de la masse informe, se relevant péniblement. Des « ouille » et des « aïe » s’échappaient de temps en temps du tas bringuebalant. Enfin, tout le monde se releva. Un impressionnant silence les entourait ; un ciel d’encre les surplombait, dans lequel brillait une unique étoile ; laquelle grossissait, semblant se rapprocher de seconde en seconde.

On hurla.

En un battement de paupières, l’étoile devint une masse protoplasmique de couleur ocre, luisant d’un feu intérieur, de laquelle sortit une voix caverneuse :

– Je suis Dieu !