Archives de la catégorie ‘Tympan Heureux’

Morbid Angel - Kingdoms DisdainedJ’allais entamer ma dithyrambe par « Déjà, ils ont dérogé à la règle d’intituler leurs albums en ordre alphabétique, depuis Altars of Madness« , mais en fait il y a eu un album live en 2015 nommé Juvenilia, donc non.

On pourra critiquer, une fois encore, la pochette, avec ce logo beaucoup trop sombre pour aller avec ce pourpre profond. Ce serait être tatillon. Parlons donc de la musique.

Six ans, c’est long. Peut-être pour faire oublier le succès mitigé de Illud Divinum Insanus (que, pour ma part, j’ai beaucoup apprécié), peut-être aussi pour éponger les dissidences au sein du groupe. Du coup : exit David Vincent (il a du chercher un raccourci que jamais il ne trouva), retour de Steve Tucker au growl. Et Erik Rutan à la prod, qui nous a habitué à du lourd, du très lourd (Cannibal Corpse, Goatwhore, Soilent Green…) Résultat : on est loin du son indus du prédécesseur. Droit au but, pas de fioritures, si ce n’est quelques soli old school bien placés. Le fait est qu’on n’est pas là pour beurrer les tartines. A l’instar de Cryptopsy qui, après l’échec de The Unspoken King, dont les penchants -core ont déçu les fans de la première heure, a ressorti les vieilles gamelles avec le bourrin Cryptopsy.

Est-ce donc la faute de la fanbase ? Un groupe ne peut-il se redéfinir, prendre des risques ? (On ne parle pas d’une batterie de casseroles comme sur le St.Anger de Metallica ou d’un rap metal mollasson comme sur Digimortal de Fear Factory, pas des erreurs de parcours, mais plutôt des expérimentations)

Il manque peut-être ce grain de folie que l’on retrouvait sur Formulas Fatal to the Flesh ou Gates of Annihilation. Mais cette linéarité ne gâche pas le plaisir. La claque est là. et les quelques fioritures sur « The Pillars Crumbling » ou « Declaring New Law » font office de cerise sur le bateau.

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Vuur  - In This Moment We Are Free - CitiesQuand Anneke « Rhaa Lovely » Van Giersbergen pond un nouveau projet, on ne peut que s’y intéresser. Après son éviction du mythique groupe Prog-Metal the Gathering sortant de son succès d’estime avec le désormais classique double album « How To Measure a Planet? », son projet solo Agua de Annique coupable du très aérien « Air » (entre autres) et sa participation au Devin Townsend Band (+ quelques extras fisherman’s friend avec Napalm Death et Moonspell – It’s a bit strong !), la voilà qui remet le couvert sur le feu (vuur en néerlandais) avec cet album concept, où chaque titre est lié à une capitale visitée par la donzelle au timbre clair et chatoyant. Si le gimmick « In this moment we are free » est le leitmotiv présent sur chaque titre – ou presque, la tentative de donner une atmosphère différente à chaque titre a relativement échoué. On reste dans un rock progressif – comprenez pas de titre à moins de 4min 🙂 avec des branlages de manche, excusez l’expression. Berlin, Rotterdam, Beyrouth, San Francisco, Rio, Londres, Santiago, Mexico, Helsinki, Istanbul et Paris ont donc droit chacune à leur interprétation vocale et guitaristique, aux rythmes syncopés qui ne sont pas sans rappelé un certain Devin – on se rapproche plus d’un son à la « Addicted! » qu’aux précédents méfaits de notre batave préférée, et je ne vous raconte pas de salade.

Bref, si on retrouve toujours avec plaisir celle qui ferait passer Lara Fabian et Céline Dion pour des chanteuses de radio-crochet, on s’attendait à peut-être plus de folie, moins d’homogénéité. On nous promettait du feu, et au final, sans être un réchaud à gaz, on se retrouve avec une tiédeur plutôt malvenue. « Lauw » aurait mieux convenu au nom du groupe.

Moonspell – 1755

Publié: 14 novembre 2017 dans Tympan Heureux
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Moonspell - 1755Après le plutôt sympathique Extinct orienté gothic rock (avec une pointe de métal quand même), Moonspell réhausse le ton, et en portugais, s’il vous plait. 1755 est un album que l’on pourrait qualifier de concept puisque narrant le séisme de 1755 qui ravagea Lisbonne un premier novembre, jetant le pays dans une terreur divine sans nom.

On notera déjà que la pochette n’est pas de Seth Siro Anton.

On entre dans le vif du sujet avec une revisite orchestrale du « Em Nome Do Medo » déjà ouï sur Alpha Noir, et donc plus intimiste et angoissante, suivie du très martial « 1755 » et ses envolées de violons et choeurs féminins en oxymore au chant guttural de Fernando Ribeiro. Le single « In Tremor Dei » suit dans la même veine, quoiqu’un peu plus rock. « Desastre » enfonce le clou. « Abañao », « Evento », reprennent une formule identique. « 1 de Novembro » étonne par un chant heavy après les hurlements féroces précédents ; « Ruínas », au tempo plus lourd, signe le dernier tiers de l’album, talonné par un « Todos os Santo » rock’n roll, « Lanterna dos Afogados » concluant l’opus sur un ton sombre et intimiste ; la boucle est bouclée.

On regrettera un mix un poil trop incisif (basses trop peu présentes – sur un thème aussi chtonien, j’aurais bien vu une bonne ligne de basse bien profonde), et une certaine linéarité dans le chant et les riffs. Mais on ne pourra pas reprocher à Moonspell de ne pas se réinventer à chaque album.

Tengger Cavalry - Die on my RideWhat a Shame ! Après les sublimes Ancient Call, The Expedition et Sunesu Cavalry, et le non moins plaisant quoiqu’intrigant Blood Sacrifice Shaman, voilà un album honteux ; un embrouillamini mal mixé, en anglais avec un chant de gorge affreux et – what ?! de l’auto-tune sur « Ashley », un titre qui n’aurait pas déparé sur un album de Justin Bieber, et encore. Même si on prend plaisir à quelques mélodies, ce petit dernier sent la trahison, la signature sur un label occidental et l’arkhi coupé à l’eau. Et je me demandais pourquoi il n’était disponible qu’en import allemand…

Une certaine oreille sur…

Publié: 13 juin 2017 dans Tympan Heureux
A l’instar de l’émission « Un certain regard », voici une petite rétrospective des collaborations vocales de Greg Puciato, surtout connu pour ses prestations tonitruantes dans le groupe de mathcore (oui, ça existe, contrairement au botanicore) The Dillinger Escape Plan. Le bonhomme a poussé la chansonnette dans divers groupes, petit tour d’horizon.
Soulfly – « Rise of the Fallen » (Omen, 2010) Un bon gros album de groove / néo métal à l’ancienne, comme on les aime, avec quelques petites perles donc ce duo assez expérimental niveau riffs. Enfin, bon, après, faut pas exagérer hein. Ca reste du Soufly, donc ne comptez pas sur une descente de gamme à la Satriani.
Killer Be Killed – « Wings of Feather & Wax » (Killer be Killed, 2014) De l’autre côté de l’Atlantique on aime bien se faire des boeufs entre potes. Killer Be Killed est un super groupe avec du Max Cavalera, du Greg Puciato mais aussi du Troy Sanders (Mastodon) et Dave Elitch (The Mars Volta) ; bref du lourd, de la vélocité mais aussi du décibel à qui n’en veut. Las, l’album sans être mauvais ne casse pas trois pattes à un canard, à l’instar d’un Sinsaenum qui faisait baver, un peu, quand même.
The Dillinger Escape Plan – « Farewell, Mona Lisa » (Option Paralysis, 2010) Si si, après1 minute et 50 secondes, ça devient presque radiophonique. Faut juste passer le tsunami sonore… Totale maîtrise pour ces barrés.
Mixhell – « Exit Wound » (Spaces, 2013) Projet électro d’Igor Cavalera (et oui, le frère de) et de sa femme, v’là t’y pas de Greg vient y faire un tour pour se faire tuner la voix sur cet étrange morceau…
Suicide Silence – « Monster Within » (You Can’t Stop Me, 2014) Bam Bam ! Du ‘core… Ca djent, ça hurle… Et le silence dans tout ça ?
Lamb of God – « Torches »(VII: Sturm & Drang, 2015) Un peu de finesse pour terminer cette set-list. Ca sent son Metallica non ?

Satyricon – Satyricon

Publié: 7 mai 2017 dans Tympan Heureux

On avait quitté Satyr et Frost avec un The Age of Nero direct et simpliste, un black rock indus rythmé qui confirmait la place à part de Satyricon dans le monde du black metal, un côté radio friendly (ou presque), cheveux courts, sans le maquillage de panda triste. Des titres comme Black Crow on a Tombstone ou Commando appliquent une structure basique qui fait remuer la tête d’avant en arrière avec fébrilité. 5 ans plus tard, nous sommes en 2013, et voilà que nos norvégiens s’offrent une orchestration plus riche et guests vocals. On a donc un mix entre la sobriété des riffs de Satyr et une ornementation musicale qui offre un relief pas inintéressant à l’ensemble. Et on trouve sur « Phoenix » l’ex-chanteur de Madrugada pour un titre sombre et décalé qui montre une certaine ouverture du groupe aux autres genres musicaux. Bref, un album qui s’oriente vers plus de complexité, sans tomber dans l’excès. Qu’on ne vienne pas me dire après que tous les groupes de black se ressemblent !

Dernier album de l’ère XXe siècle de Faith No More, sorti deux ans après le phénoménal King for a day… Fool for a lifetime (1995), cet album de l’année ne l’est pas tant que ça. Reprenant peu ou prou la recette du précédent opus (mélange des genres, Mike Patton s’en donnant toujours à coeur joie entre hurlements possédés et chant de crooner old school) ; une impression de déjà vu, rien de bien méchant, mais on n’en ressort pas forcément grandi de l’expérience FNM. Ca sentait le sapin ? Malgré de bon titres, tels « Stripsearch », « Ashes to Ashes » ou « Last Cup of Sorrow », on est en recherche d’un tube à la « Midlife Crisis » ou « Digging the Grave ».

Ni bon ni mauvais, 1997 aura eu d’autres albums dignes d’être ZE « Album of the Year » (C’était l’année des Spice Girls… 🙂 Non je déconne)

En vrac :

  • Homework des Daft Punk
  • Blur de Blur
  • The Colour & The Shape de Foo Fighters
  • Ok Computer de Radiohead

Et j’en passe…