Archives de la catégorie ‘Les entrevues de Marylin Tervioux’

Pour faire écho à l’interview exclusive de Jeff Grimal par LVCM pour l’e-zine Ecce, Marylin s’octroie l’honneur de contrecarrer les propos cités par d’impertinentes questions.

On ne présente plus Jeff Grimal, hurleur charismatique du groupe d’ambient / progressive black metal d’influence lovecraftienne The Great Old Ones, déjà coupables d’un premier opus remarquable, Al Azif et responsables désormais du grandiloquent Tekeli-li dont deux titres sont proposées en écoute libre sur le Sampler MMXIV du label Les Acteurs de l’Ombre. Jeff se targue aussi de peindre l’univers du ténébreux de Providence dans de magnifiques aquarelles (qui servent de pochettes aux albums, et rien que pour ça se sont des objets de collection !), mais aussi de mirifiques illustrations dont on peut profiter, notamment dans le dernier numéro d’Ecce mais aussi sur la galerie personnelle du bonhomme.

Si Al Azif a été ouï et chroniqué dans la rubrique du e-zine (et, concurrence oblige, non reproduit ici, allez donc lire les tablettes idoines bande de béotiens !), Tekeli-li ne reste au moment où ces lignes sont rédigées que partiellement esgourdi au regard de la compilation généreusement offerte par le label.

Questions.

Marylin : Une question me taraude, pourquoi cette reprise du Bachelorette de Björk ? Army of Me, Hunter auraient plus correspondu à l’univers de TGOO ? Ou pour rester dans le lovecraftien, Cthulhu Dawn de Cradle Of Filth, The Thing That Should Not Be ou Harvester of Sorrow de Metallica ? Des pistes cachées prévues pour les prochains albums ?

Jeff : C’est Ben (guitariste) qui nous a fait la surprise. Il a composé ça chez lui en secret, c’est un grand fan de Björk et on a tout de suite été ravis vu que l’on est tous fans de cette artiste. Army of Me et Hunter sont aussi des titres excellents, je pense que cela aurait pu correspondre mais Bachelorette est quand même ni plus ni moins qu’un hymne. Pas loin de 13 ans que je connais cet album, et cela tient encore merveilleusement la route aujourd’hui. Un classique, donc. Nous ne sommes pas fans de Cradle of filth et pour ce qui est de Metallica, je pense que beaucoup de groupes l’ont très bien fait, et que faire le choix d une artiste « pop » est plus intéressant. Pour les prochains albums je ne peux rien dire pour le moment…

M : Qu’est-ce qui différencie, musicalement parlant, TGOO des autres groupes de votre label « Acteurs de L’Ombre » tels Deuil ou Regarde Les Hommes Tomber, ou même Year Of No Light ? Tu les écoutes aussi ?
J : Tous les artistes des « Acteurs de L’Ombre » ont une identité propre, tout en restant sombre comme nous. Deuil fait un post black qui peut se rapprocher de notre musique, tandis que Regarde les Hommes Tomber ont un coté plus hxc, d’ailleurs les membres du groupe jouent dans ce genre de formation. Pour ce qui est de Year of no Light ils ne sont pas sur les « Acteurs de L’Ombre » ils sont sur le label « Debemur-Morti » (Note de Marylin : j’avais oublié de le préciser. J’avais simplement remarqué des accointances musicales). Oui, j ‘aime beaucoup leur musique, ce sont des potes, c’est aussi une influence pour The Great Old Ones.

M : Qu’est-ce qui t’attire dans le Black, plus que dans le Death ou le Grind par exemple ? Quels groupes ont fait saigner tes oreilles dernièrement, dans le genre ?
J : C est vrai que j’aime beaucoup le black mais j’ai pas plus d’attirance pour un style ou un autre,je suis un grand fan de death et de grind et de nombreux styles de musiques. Dernièrement, j’aime beaucoup l’album de Thantifaxath Sacred White Noise qui est un black metal torturé et vraiment original. J’ai pris aussi une bonne claque avec Bölzer un duo guitare batterie black death, sinon j écoute surtout en ce moment de la musique classique et principalement le courant minimaliste comme Steve Reich ou Arvo Part.

M : Je subodore que le lien évident entre black metal et Lovecraft, c’est le côté nihilisme, insignifiance de l’homme face à l’univers et à l’inconnu, brièveté de la vie ?
J : Oui cette noirceur colle parfaitement au style black metal, c est tout de suite ce qui m’a plu chez cet auteur : le coté mystérieux et envoûtant de ses récits, la façon dont il décrit le mal insondable, la noirceur absolue, le difforme à l’état pur. Il m’a tout de suite envoûté, et dès mon plus jeune âge, j’ai dévoré ses histoires avec beaucoup de frissons au début et d’admiration par la suite.

M : Du chant en français ?
J : Tu peux entendre du français sur le dernier album « Tekeli-Li » donc oui.

M : J’avoue, à ma grande honte, je n’ai pas encore écouté Tekeli-li, mais le titre « Antartica » présent sur le Sampler MMXIV des Acteurs de l’Ombre m’a franchement impressionné par le travail, la profondeur du son ! Ce son, ô mon Dieu ! R’lyeh qui surgit ! Quelles évolutions avez-vous voulu apporter entre cet opus et le précédent ? Où irez-vous dans le prochain ?
J : Oui en effet, une évolution en terme de son, plus gros, plus mastodonte, nous avons travaillé avec pas mal d’effets comme la réverb’ ou le delay pour aboutir à une intensité compacte et lumineuse. De plus, l’accomplissement musical est plus torturé tout en restant limpide. Je pense que nous avons très bien retranscrit l’identité des Montagnes Hallucinées. Je ne peux rien dire pour le moment sur le prochain, nous sommes en plein dans la promo de Tekeli-li.

Merci Jeff pour ces éclaircissements, nous souhaitons longue vie à TGOO, puissent l’alignement des Pléïades vous être bénéfique !

Publicités
Toujours à la recherche des auteurs de l’ombre, Marylin se frotte aujourd’hui à un autre artiste soon-to-be : Tom Robberts, illustrateur et écrivain.
Marylin Tervioux : Tom Robberts, bonjour,
On vous connait pour vos participations aux anthologies Babel, la Ghilde des Mondes en tant qu’illustrateur talentueux (et ce n’est pas de l’adobe :P) et auteur des Chroniques de Darkob et de Jon March, (ex)Détective ; vous êtes aussi le sympathique blogger du Portail Noir et de Jon March.
MT : Alors, Tom, la frite, ça Daz ? (Désolé) Tom Robberts c’est un pseudo ou une anglicisation de Thomas Van Robbrughe ? (En même temps, belgian power, je revendique ma propre belgitude !)
TR : La frite mais pas seulement, aussi la mayo et éventuellement la fricadelle! Pour le nom je l’ai choisi basé sur un personnage de Dan Brown dont je suis fan.
MT : Une bière de prédilection ?
TR : La Gulden Draak une fois! Je l’ai découverte grâce à un ami et depuis ce jour c’est ma bière de prédilection, ma petite drogue mousseuse du samedi soir. 
MT : Combien d’éons ont subi tes affronts scripturaux ?
TR : Si tu veux parler de la  puissance spirituelle émanant d’un principe suprême et caractéristique des gnoses néoplatoniciennes, la réponse est simple: beaucoup.
MT : Quels sont tes maîtres, tes inspirations, tes dégoûts ?
TR : Maîtres (et même maître cinquante au minimum): Tolkien, Stephen R. Donaldson, Tad Williams, Terry Brooks. Dégoûts? C’est pas le genre de la maison 😛
MT : Qu’est-ce qui t’a amené à la rencontre des affreux de Lulu qui se sont réunis sous la bannière de la Ghilde des Mondes ?
TR : J’ai été contacté par Vincent qui sous couvert de promesses basées sur ma future renommée internationale, de reconnaissance dans le monde de la fantasy et d’une célébrité sans borne, Vincent donc qui m’a attiré ainsi à participer sur Babel. Je ne le remercierai jamais assez de cette invitation qui a été une source énorme de créativité.
MT : L’illustration, un passe-temps ou une vocation ? Ta technique picturale préférée (Peinture, Dessin, Vectoriel, 3D ?) Que préfères-tu du pinceau ou de la plume ?
TR : Passe-temps, c’est certain. Je m’y suis mis lorsque j’ai commencé mon blog avec l’idée de réaliser ce que j’avais en tête afin de le montrer aux lecteurs. Grâce à cela je me suis lancé dans la modélisation 3D qui, après la rencontre Babel, m’a aussi apporté pas mal de boulot et d’heures de créations d’illustrations et de couvertures pour la bande de oufs babéliens.C’est aussi grâce à eux que j’ai pu étoffer mes connaissances en la matière et aussi avoir une grande diversité de créations. J’ai l’impression d’être trop gentils envers eux, non ?
MT : Je ne te fais pas le coup de l’île déserte, mais si la fin du monde est pour demain, quel CD, quel film, quel livre conseilles-tu avant l’extinction de la race ?

TR : Déjà, si la fin du monde est pour demain je ferais autre chose que lire un livre, regarder un film et écouter un CD! Mais supposons que, vu la situation je me suis pris une envie de drogues illicites pour ce dernier soir, ce serait:Un disque : Pink Floyd : The Wall

Film : Le Seigneur des Anneaux de Peter Jackson

Livre : les trilogies de Thomas Covenant l’Incroyant de Stephen R. Donaldson

MT : Tes projets artistiques pour les qq années qui nous restent ?
TR : J’avais pensé à danseur étoile au Bolchoï mais après réflexion je continuerai la 3D (que je continue à étudier afin de faire encore mieux que mieux), une seconde trilogie sur Darkob et de la SF avec la série Jon March.
MT : Petit portrait chinois : si tu étais… Un plat
TR : L’osso-bucco
MT : Une époque
TR : Les années 70
MT : Un personnage de fiction
TR : Luke Skywalker (pour le fun), Chewbacca pour être viril
MT : Un lieu
TR : Londres
MT : Un jeu vidéo
TR : World of Wacraft parce que c’est le jeu mais m’a fait découvrir une passion du jeu en ligne.
MT : Un haïku
TR : 
古池や
蛙飛込む
水の音
(Pour les ceusses qui n’esgourdent pas le nippon : il est question d’une grenouille qui saute dans un étang)
Tom, merci pour cette franchise qui fera des émules, j’en suis sûre.
Marylin Tervioux, toujours à l’affût du scoop qui fera décoller sa carrière du marais poitevin, vous fait découvrir un autre de ces auteurs qui ont participé à l’émancipation littéraire de Stein.
Marylin Tervioux : Adam Joffrain, bonjour,
On vous connait pour vos participations aux anthologies Babel, la Ghilde des Mondes et précédemment gr746 sur le forum de Lulu ; vous êtes aussi le sympathique administrateur de Joffrain.Net, on vous retrouve même sur Amazon aux côtés d’auteurs prestigieux tels Robert Price (s’il vous plait !). Si on peut se tutoyer, je vous dirais tu. Des questions, des questions, histoire de brosser un portrait nature (et oui, je brosse Adam… Désolé.)
MT : Alors, Adam, on te connaît pour tes spleens et ta sombre plume, mais d’où te viennent ces humeurs ?
AJ : Marilyn, on se tutoie, sans souci, malgré ce jeux de mots absolument inédit pour moi, et d’une saveur littéraire des plus exquises ! Mes humeurs ? Mon état d’esprit ? Mon spleen et ma sombre plume ? C’est une culture, un besoin fondamental qui me permet, voyant toute chose sous le couvert de l’ombre de la mort, de me réjouir d’être vivant.
Contradictoire ? Je ne pense pas. La mort m’a caressé de son aile dans mes plus jeunes années, et je sais qu’elle est bien impatiente d’avancer la date de nos épousailles. Mais si je sais qu’elle est d’ores et déjà mon ultime maitresse, je lui dois bien de lui faire quelques infidélités en jouissant de la vie. Donc, mes pensées sont sombres, pour permettre à
mon âme de se réjouir du bonheur que chaque jour apporte. Ensuite, indéniablement, cet état d’esprit est le résultat d’une culture du fantastique littéraire que j’affectionne particulièrement. On digère ce dont on se nourri, pour essayer de le projeter dans son œuvre, en quelque sorte…
MT : Combien d’éons ont subi tes affronts scripturaux ?
AJ : Une vingtaine. Une trentaine si on y inclus les rimes maladroites de jeunesse.
MT : Quels sont tes maîtres, tes inspirations, tes dégoûts ?
AJ : Mes maîtres sont littéraires principalement. En tête figure Edgar Poe, et à sa droite se trouve H. Phillips Lovecraft. Sur la gauche se retrouvent une multitudes d’auteurs, anciens comme contemporains, tels que W.H. Hogdson, J.S. Le Fanu, Bram Stoker, de Maupassant, ou Wilum H. Pugmire. Au niveau musical, le maître des maîtres reste Alice Cooper. Mes inspirations sont diverses et très larges. Elles sont ce que je suis (ma vie, ma mort, ma maladie, les gens que j’aimais et qui ont disparu…), mais aussi ce qui m’entoure: la nature, principalement, des lieux vides de toutes présence humaine (Comme une grande partie du territoire Islandais), ou les chats. Ce qui me dégoute ? Ce qui me fascine le plus aujourd’hui: l’être humain !
 
MT : Qu’est-ce qui t’a amené à la rencontre des affreux de Lulu qui se sont réunis sous la bannière de la Ghilde des Mondes ?
AJ : Cette rencontre est le fruit d’un merveilleux hasard de surf sur le net. Je devais chercher « groupe d’auteurs amateurs », je pense, et à l’époque, il y en avait beaucoup, beaucoup moins que maintenant.
MT : Je ne te fais pas le coup de l’île déserte, mais si la fin du monde est pour demain, quel CD, quel film, quel livre conseilles-tu avant l’extinction de la race ?
AJ : Si la fin du monde était pour demain, je serais plutôt enclin à conseiller quelques bonnes marques de single malt, pour se biturer une dernière fois avant le grand saut. Cependant, le CD serait Love it to Death d’Alice Cooper, le film Le cauchemar de Dracula, de Terence Fisher, quant au livre, mon chouchou du moment est Some Unknown Gulf of Night de Wilum Hopfrog Pugmire… 
MT : Tes projets artistiques pour les qq années qui nous restent ?
AJ : Ecrire, écrire, écrire… pisser du sang sous la plume, verser des larmes sur les feuilles… écrire, écrire, encore et toujours. Et puis reprendre le dessin et la peinture. Peut-être.
MT : Petit portrait chinois : si tu étais… Un plat
Magret de canard, petits lingots.
MT : Une époque
Littérairement parlant, fin XIXéme, peut être…
MT : Un personnage de fiction
Le petit prince…

MT : Un lieu
Un pays ? L’Islande. Une ville ? Chinon.

MT : Un jeu vidéo
Aucun.
 
MT : Un haïku
Je suis vivant, car
Personne ne m’a instruit
De ma propre mort.
Donc, voilà, merci, bonne route, bonne plume, et encore merci pour les étiquettes ! (Etiquettes ? Ah oui, tégéstophilie, musée de la bière, tout ça…)
Marylin Tervioux, toujours à l’affût des talents de demain après-midi, rencontre cette fois un auteur dans la fleur de l’âge aux talents multiples : Leoncio Vincente Cervera Merino, aka LVCM
Marylin Tervioux : LVCM, bonjour,
On vous connait pour vos participations aux anthologies Babel, la Ghilde des Mondes et précédemment gr746 sur le forum de Lulu ; évoluant entre délires oniriques et drames lovecraftiens, votre talent couvre un large éventail capable de réjouir la multitude, mais alors…
MT : Alors, Leoncio, comment décrirais-tu tes univers ?
LVCM : Mes univers de fantasy au début ( et graduellement de plus en plus structurés d’ailleurs) sont devenus franchement sf, tel le noir se faisant blanc et le yin devenant yang. Ce sont les sacro-saintes lois de l’Inspiration et je peux difficilement dire quelque chose à leur sujet, vu que je me considère en perpétuel état d’apprentissage. Je peux simplement affirmer que je découvre mes univers en même temps que mes lecteurs, et que si tel n’était pas le cas il me serait tout bonnement impossible d’écrire. Actuellement je suis en train d’écrire mon second bouquin de sf, qui est un peu de côté pour cause de force majeure. Cette force majeure est encore top secret… 
 
MT : Combien d’éons ont subi tes affronts scripturaux ?
LVCM : Trop, beaucoup trop, mais ce n’est rien à côté de ce qui reste à venir ! 
MT : Quels sont tes maîtres, tes inspirations, tes dégoûts ?
LVCM : Mes maîtres sont divers et vont de Jung à Lovecraft, mais j’essaye de me distancier d’eux dans mes écrits et je ne pense pas que cela puisse se voir, c’est autre chose en fait pour mes articles prise-de-tête dans quelques fanzines… 
MT : Qu’est-ce qui t’a amené à la rencontre des affreux de Lulu qui se sont réunis sous la bannière de la Ghilde des Mondes ?
LVCM : Le hasard, en fait. Nous nous sommes connus sur lulu.com, un prestataire de service en print-on-demand puis nous nous sommes déplacés sur forumactif, avec la bannière de Babel la Ghilde des Mondes. C’est un forum à l’origine crée pour rassembler les auteurs libres et auto-édités, mais force est de reconnaître qu’il s’endort doucement, entre de brefs réveils sporadiques… Un peu comme Cthulhu, quoi ! 
MT : Je ne te fais pas le coup de l’île déserte, mais si la fin du monde est pour demain, quel CD, quel film, quel livre conseilles-tu avant l’extinction de la race ?
LVCM : Si c’était vraiment la fin du monde, je conseillerais plutôt un sac de couchage, quelques provisions et des chaussures de marche, une batte de base-ball et des vêtements chauds. On ne sait jamais! Mais bon, un bouquin, allez, La maison au bord du monde de William Hope Hogdson, et tous les Lovecraft. Un film? Je ne suis pas très cinéphile, en fait, et même pas du tout. Mais je supporte le Magicien d’Oz sans me lever de mon siège au bout de cinq minutes. Pour moi c’est énorme ! 
MT : Tes projets artistiques pour les qq années qui nous restent ? 
LVCM : Ecrire de la sf, mettre en branle le-dit projet encore top secret, lire, écrire, corriger pour Horrifique… Vous n’êtes pas encore débarrassé de moi! 
MT : Petit portrait chinois : si tu étais… Un plat
Des nouilles chinoises, n’importe lesquelles… Miam! 
MT : Une époque
Oh, je ne suis pas spécialement fan d’une époque en particulier. Celle où nous nous trouvons en ce moment même me convient relativement. 
 
MT : Un personnage de fiction
Randolph Carter ! 
MT : Un lieu
Mon petit village de Gestalgar, en Espagne. 
MT : Un jeu vidéo  
Mario Bros ! 
MT : Un haïku
La fleur qui tombait Remonte vers le ciel Ah ! C’est un papillon ! 
C’est mon préféré. Je dois reconnaître aussi que je n’en  connais pas d’autre. 
Hasta la vista !

Marylin Tervioux revient (de loin) et a décidé de se mettre à l’interrogatoire de vrais gens avec de vraies motivations de la vie réelle. Des gens qui écrivent, des artistes, des émotifs.

Marylin Tervioux : Frédéric Vasseur, bonjour,
On vous connait pour vos participations aux anthologies Babel, la Ghilde des Mondes et précédemment gr746 sur le forum de Lulu, ainsi qu’à vos fréquentes apparitions dans les recueils Dix de Plume. Votre grand coeur vous fait accoucher de Mosaïque, un recueil au profit de SOS Enfants et sans oublier votre oeuvre majeure, Les Veilleurs, sorti en 2010.
 
MT : Alors, Fred, on te connaît pour ton amour des chats et des vampires, à quand une histoire de chat-vampire ? Voir, telle une production grindhouse, un « La femme-chat vampire du Troisième Reich » ?
FV : Les Veilleurs et Svetlana se sont brièvement croisés dans un art book qui ne sera jamais publié (et dont je crois bien avoir perdu à la fois texte et illustrations). Je n’envisage pas d’autre cross-over pour des raisons de cohérence et de simplicité, mais il est vrai que c’est tentant. Argh.
MT : Combien d’éons ont subi tes affronts scripturaux ?
FV : Subi ? Mais c’est moi qui subis, qui souffre, depuis des temps immémoriaux !
MT : Quels sont tes maîtres, tes inspirations, tes dégoûts ?
FV : J’ai un modèle, auquel j’essaie de ressembler le plus possible : l’homme que je voudrais devenir. Il n’a pas de nom, il n’existe pas, c’est une projection de ce que je souhaite être plus tard. Aucun autre modèle, parce que j’essaie de ne pas me définir en fonction de quelqu’un d’autre. Je n’aime pas cette tendance de la société qui nous force à rechercher « le nouveau Machin ». Regarde en musique : on cherche le nouveau Freddy Mercury, la nouvelle Madonna, le nouveau Michael Jackson, etc. En littérature, le nouveau Stephen King, la nouvelle Patricia Briggs et ainsi de suite. Il est maintenant mal vu d’être soi-même, on doit être le reflet d’une lumière déjà en place.
Ce qui me parle, c’est assez varié mais il y a toujours un facteur commun : ce dont l’histoire me prend par les tripes et qui me rend accro. Le livre dont je sais que, si je le lâche avant la fin, j’en serai malade. J’aime être emporté et submergé.
A l’inverse, je n’aime pas ce qui met la forme au premier plan, quitte à masquer le fond. Les belles phrases au détriment de l’histoire.
MT : Qu’est-ce qui t’a amené à la rencontre des affreux de Lulu qui se sont réunis sous la bannière de la Ghilde des Mondes ?
FV : J’avais posté sur un blog quelques histoires à suivre, des trucs sans grande prétention (et sans haute qualité, il faut bien le dire). Plusieurs de mes lecteurs m’ont dit que le blog ne leur suffisait pas et qu’ils aimeraient bien un livre. Alors en cherchant comment en réaliser un, je suis tombé sur Lulu. Une fois en place, j’ai trouvé le groupe SFFF, à l’époque baptisé GR746. J’ai rapidement sympathisé avec son créateur, LVCM, de même qu’avec toute la troupe. Enfin, j’avais trouvé des gens qui partageaient mes centres d’intérêt, qui ne me regardaient pas comme une bête curieuse, et qui publiaient des histoires de qualité !
MT : Je ne te fais pas le coup de l’île déserte, mais si la fin du monde est pour demain, quel CD, quel film, quel livre conseilles-tu avant l’extinction de la race ?
FV : Côté livre, la Belgariade de David et Leigh Eddings (ainsi que sa suite et ses préquelles). En musique, Tubular Bells III de Mike Oldfield. Et pour le film, le Seigneur des Anneaux de Peter Jackson.
Ou alors les Dragons de Pern de Anne McCaffrey, The 2nd Law de Muse et Confidence de James Foley.
Il faut vraiment choisir ?
MT : Tes projets artistiques pour les quelques années qui nous restent ?
FV : Avec une amie co-auteur nous sommes en train de finaliser le manuscrit de Svetlana. Après quelques petites apparitions en autoédition et après une tentative ratée de publication (l’éditrice a arrêté son activité quelques mois avant la sortie du livre), ma petite vampire est enfin prête. En dehors de ça, j’ai écrit un conte pour enfants qu’une amie peintre est en train d’illustrer et qui a en principe déjà trouvé son éditeur. Puis j’ai sous le coude un scénario de BD basé sur une aventure inédite des Veilleurs. J’ai ensuite une histoire de SF qui me trotte dans la tête, ainsi qu’une palanquée de projets divers. A une époque, j’avais essayé de solliciter un groupe de Metal pour faire une BO à l’un de mes livres, j’aimerais bien que ça se fasse un jour.
MT : Petit portrait chinois : si tu étais… Un plat
Une fondue savoyarde.
MT : Une époque
Existe-t-il une époque où les gens s’exprimaient sincèrement, sans allusions, sous-entendus, sens cachés, etc ? Une époque où on était jugés sur ce qu’on était et pas sur ce qu’on semblait être ? Si oui, je suis cette époque.
MT : Un personnage de fiction
Doc Savage.
MT : Un lieu
La ville de Gruyères, en Suisse et la ville de Vannes, en Bretagne. Oui, les deux à la fois, je triche.
MT : Un jeu vidéo
Trine.
MT : Un haïku
Reflet sur la mer – Troublé par le vent d’automne – Lune jaune qui brille
Donc, voilà, merci, bonne route et bonne plume !
Marylin Tervioux : Après quelques semaines d’absence, me revoilà à la découverte de ces gens, de ces acteurs de l’ombre qui font la richesse culturelle de notre beau pays.
Cool Lichen : Poil aux mitochondries.
M.T. : … Donc aujourd’hui, Cool Lichen, sorti majeur de promotion de l’ENA en 1999 et membre du groupe PLBATG. Alors, M.Lichen, Qu’est-ce que PLBATG ?
C.L. : Oh, une billevesée avec quelques camarades de la résidence universitaire ; la légende urbaine qui véhicule traduit le sigle par "Propose la Botte A Ta Génitrice" ; mais notre transcription est plus lyrique : "Parti pour la Libération des Bourgeois par l’Atavisme du Truc qui Gène". Entendez par là l’accessoire ménager que nous aurions, d’après les jeunes de banlieue, engoncé dans notre fondement. Je vous le demande !
M.T. : Oui ?
C.L. : Non, c’est une figure de style.
M.T. : Ah, pardon. Bref, votre groupe propose des textes virulents et vindicatifs à l’encontre de toute discrimination de ce que vous appelez la "minorité favorisée".
C.L. : Tout à fait très chère. Cela suffit d’être considérés comme des assistés quand bien même mère nous repasse encore nos chemises et père nous prête la Mercédès le week-end pour aller à la Baule (très surfaite, la Baule, d’ailleurs). Nous voulons avoir les mêmes malchances que les autres, prendre des cigarettes de drogue, crier après 22 heures dans les rues de Lyon et graver nos noms dans l’écorce des arbres ! Par la malpeste !
M.T. : Et comment vous est venu l’idée du groupe de rap ?
C.L. : Le rap est le moyen d’expression employé dans les cités, il touche une majorité de gens de par sa structure musicale simpliste composée essentiellement d’extraits sonores d’autres titres plus ou moins identifiables et de paroles scandées de façon rythmique et facilement identifiables. Par exemple, dans notre morceau intitulé "Non à l’article L.623-5 alinéa 2 du code pénal", nous insistons sur les risques d’un régime social basé sur un prolétariat assis sur des privilèges qui datent d’une époque révolue. ça fait :
Nous marchons sur des charbons ardents
Oui je suis né avec une petite cuiller en argent
Mais ta retraite va y passer
Si tu te laisses marcher sur les pieds
Je suis le premier dans la danse
Mon père possède toutes tes créances
Que vas-tu faire de tes plus-values ?
Tu n’as plus qu’à te les foutre au c…
M.T. : ! EH bien merci Cool Lichen, on souhaite un grand avenir à ce groupe prometteur et ravageur qui va j’en suis sûr changer le visage du PAF !
C.L. : Mon oncle est le producteur du disque de toutes manières. Et puis si ça ne marche pas je ferai du détournement de fonds, comme père. Et je coucherai avec la bonne.
M.T. : Merci pour ces grands moments de poésie. Mon prochain interview va dépendre de notre public. En effet, le directeur de la chaîne m’annonce la mise en place d’un audimètre où nos fidèles lecteurs pourront décider de la tournée que j’effectuerai ! Alors à vos plumes et donnez-moi envie d’avoir envie d’interviewer des péquenots plus bêtes que méchants !
Marylin Tervioux : Et bien re-bonjour, aujourd’hui comme toujours mon objectif est de vous faire découvrir ces acteurs de l’ombre qui sont la France, qui font la France. Ces maillons qui, à l’instar de la chaîne alimentaire, cimentent notre fière patrie et sont le terreau de notre culture. Aujourd’hui, me voilà donc l’invité de Michel Choumacher, agriculteur de la Motte Beuvron, dont l’exploitation n’a de cesse d’évoluer au fil des ans. Michel, bonjour
Michel Choumacher : Euh b’jour, à c’t’heure ! Crédiou d’bondiou d’tractior ! L’avance plus comme avant !
M.T. : Des problèmes mécaniques ? Comment vous sentez-vous concerné par le marasme économique dans lequel nous nous trouvons actuellement ?
M.C. : Oh, ben moi j’m’en fais pas trop… Avant j’faisais d’l’oseille, là j’fais un peu de blé, on vivote, faut bien mett’ du beurre dans les épinards r’marquez ! Mais c’t’à dire que si déjà on a les épinards, on va pas feur la fine bouche hein ! Sacré donzelle va !
M.T. : Oui, bien sûr… Comment réagissez-vous face à la mondialisation ?
M.C. : C’t’à dire qu’c’est sûr, leur viau polonais là l’est moins cher qu’le not’, mais r’gardez ben, l’a qu’la peau sur les os, la piov’bête ! Et ils les nourrissent avec des farines z’animales ! R’marquez qu’j’admire un gars qu’arrive à moudre un mouton mouë. J’me vois pas passer un bouc comme le Gaston sous la meule, c’est qu’y m’la rayerait eul’bestiau !
M.T. : Oui, oui… Pensez-vous que les subventions suffisent actuellement aux agriculteurs et éleveurs de notre belle contrée pour maintenir leur activité ?
M.C. : Crénom d’ribaude ! L’a du toupet la garce ! Ces subventions à la mort-moi-l’andouille c’est du pipeau ! C’qui nous faut à nous z’ôt, c’est d’la r’connaissance ! Et pis des sous aussi ! Avec leur fichus quotas là qu’c’est t’y pas malheureux d’laisser les piov’bêtes sans les traire pasqu’on a dépassé l’quota ! Z’entenderiez la pauvre Aglaë meugler tout c’qu’elle peut ! "Eh non", qu’j’ui dit, "Faudra attendre l’année prochaine !" C’est qui faut y tripoter la mamelle à l’Aglaë, sinon elle dépressionne. J’vous offre un’p’tite mirabelle ? Avec le quart de brie ça passe tout seul.
M.T. : Eh bien Michel, merci pour ces précisions, à notre prochain périple nous rencontrerons Cool Lichen, rappeur et énarque.