Quatrième brûlot et dernier officiellement grogné par Chris Barnes qui depuis est allé voir si l’herbe était plus verte ailleurs (heu heu heu), contient au moins trois tubes (digestifs, ah ah ah) : « Staring Through the Eyes of the Dead », « Fucked with a knife » (tout un programme) et « Stripped, Raped and Strangled ». Les autres titres ne sont pas en reste et offrent un large panel de ce que la bande de zozos peut faire : les grognements gutturaux de Chris Barnes qui se transforment en feulement de chat écorché, la basse – putain la basse d’Alex Webster ! Ce mec est un dieu de la quatre cordes. Et que dire des riffs assassins de Jack Owen et Rob Barrett, et de la batterie fulgurante de Paul Mazurkiewicz ! Bon, d’accord, la prod sent son époque (1994, quand même), un son un peu cracra, étouffé, caverneux. Qui va bien avec les capacités vocales de Barnes, auquel j’ai toujours préféré son successeur, George « Corpsegrinder » Fischer. Mais bon, c’est une question de goût. On se délectera malgré tout des excessifs « She was asking for it » ou « Force Fed Broken Glass » et on en reprendra en gore (ah ah ah)

Deftones – Diamond Eyes

Publié: 12 avril 2017 dans Tympan Heureux

Attention hein, je ne dis pas que c’est un « mauvais » album, juste qu’il n’apporte rien de bien neuf à la discographie de Chino Moreno… Ah tiens vous étiez là ? Non, en fait, ouais, d’accord, je dis pas, Adrenaline, Around the Fur, White Pony ça en jetait pas mal, avec des titres oscillants souvent entre la fureur d’un néo-métal encore très à la mode et le côté éthéré du chant traînant de Chino, bref un triptyque qui a assis la réputation et le style du groupe. Après… Depuis l’album éponyme (2003), personnellement je trouve qu’on tourne un peu dans le même potage. Une poésie un peu brute, douce amère – OK, ça nous change d’un Korn qui ne rime plus à grand chose ou d’un Limp Bizkit un tantinet à la traîne, des compos qui assomment, et si ce n’est le mix qui change d’un producteur à l’autre, on aurait un sentiment de bis repetita. Donc, pas forcément un album à éviter, mais pas vraiment de « hit » comme on en trouvait dans les trois premiers méfaits.

Ghost – Meliora

Publié: 10 avril 2017 dans Tympan Heureux

Troisième opus du sextet satanique, Meliora s’annonce la suite logique des méfaits précédents : un rock vintage, parfois psychédélique, chanté d’une voix charmeuse et doucement nasillarde, et dont les paroles prêtent parfois à confusion (« He Is », par exemple). Si « Cirice » est le premier single tiré de l’album (à l’artwork remarquable), je ne vous conseillerai que trop les titres « From the pinnacle to the pit » et « Mummy dust », des tubes en puissance selon moi. Attention, rien à jeter dans le reste, les titres s’enchaînent en litanies faussement angéliques. Un album de métal qui change du métal et qui nous fait attendre la suite avec impatience !

Apocalyptica – Shadowmaker

Publié: 3 avril 2017 dans Tympan Heureux

Je n’en ai pas lu que du bien ; alors que faut-il penser de ce 8e opus des violoneux finlandais (z’avez remarqué, le « O » c’est un violon que en fait c’est un 8) ?

Alors, oui, ceux qui avaient commencé leur carrière avec des reprises de Metallica sont bien loin du thrash metal qu’ils semblaient affectionner. Hard FM, Alternative Metal, comment classifier leur genre musical ? Désormais « équipés » d’un chanteur full time (un certain mossieu Franky Perez, qu’on aurait vu en tant que guitariste dans le projet Scars On Broadway du guitariste Daron Malakian (System of a Down), c’est bon, vous suivez ?), l’album switche entre des instrumentaux à l’ambiance prononcée (on retrouve la verve de l’album éponyme) et des titres chantants dans la veine de ceux que l’on découvrait sur 7th Symphony ou Worlds Collide (mais avec des voix plus « métal », notamment Joe Duplantier (Gojira), Corey Taylor (Slipknot, Stone Sour) ou Till Linderman (Rammstein))

Bref un album qui enfonce le clou dans la direction prise par le groupe. En est-il pour autant moins appréciable ? Sur scène, leur énergie reste la même ; la « curiosité » passée, ça reste un bon groupe, un peu comme Slash & Friends.

Les Temps Sauvages

Publié: 31 mars 2017 dans Au gré des lectures

de Ian Manook.

Suite des aventures de Yeruldelgger, le flic sombre et torturé des steppes mongoles et de son équipe tout aussi malmenée.

On passera sur la couverture qui fait penser à un vieux S.A.S. ; et si l’on passe outre les caractères passablement désagréables des personnages – agressifs, violents, stéréotypés, l’intrigue est assez prenante quoi qu’échevelée. Alors, oui, la dichotomie modernisme – traditions symbolisées par les relations entre Oyun et ses acolytes du commissariat et Yeruldelgger et Solongo de l’autre, mais aussi représentatif de l’esprit qui agite la Mongolie ; quelques passages qui auraient eu leur place dans un carnet de voyages ou un livre de pensées plus que dans un polar. Bref, une suite plutôt brouillonne, qui nous emmène de la Mongolie à Paris en passant par la Russie, et c’est bien dommage.

Du bizarre

Publié: 15 mars 2017 dans Tympan Heureux

Vous connaissez mon goût pour l’étrange, l’underground suédois, voire le bizarre. Avec Sleepytime Gorilla Museum, j’avais été servi. Las, trois petits albums et puis s’en vont malgré un succès d’estime et un statut culte (en tous cas à San Francisco, Californie – en tous cas entre la 5e et Folsom Street). Découvert avec un plaisir non dissimulé sur un sampler de feu Hard’n Heavy (le N°127 de novembre 2006 pour ceusses que ça intéresse) avec le titre « 1997 », je me suis délecté de leur premier album, Grand Opening and Closing (que des tubes : « Sleep is Wrong », « Ambugaton », « Powerless », « Sleepytime »…), et apprécié sur la longueur leurs deux autres méfaits, plus difficiles d’accès.

Mais les zigotos ne pouvaient en rester là. Et surgit alors en 2016 Free Salamander Exhibit (oui, je sais, ça va pas chercher loin. Pour la prochaine mouture adjectif – animal – lieu, je propose Opinionless Opossum Hospital, n’est-ce pas ?). Alors, qu’en est-il de cette version 2016 ? Et bien ça reprend là où SGM nous avait laissé. Certains passages de « The Gift » font grandement penser à « The Donkey-Headed Adversary of Humanity Opens the Discussion », la voix de Nils Frykdahl toujours aussi timbré, les guitares toujours aussi torturées. On reste dans du métal avant-gardiste (= foutraque), un chaos savamment organisé, peut-être un poil plus linéaire que le tryptique Grand Opening and Closing / Of Natural History / In Glorious Times, on reste un peu sur sa faim, mais on ne change pas un recette qui gagne. Souhaitons leur un peu plus de succès qu’avec leur précédente formation.

En parlant d’étrange, je me permettrait d’évoquer aussi Zeal & Ardor, soit Manuel Gagneux tout seul, qui ose une approche musicale mêlant negro spiritual, influences black metal (les blasts, les thématiques) et même de l’indus sur un mini album très prometteur. En tous cas un album qui illustrerait bien L’Appel de Cthulhu (la scène de la séance vaudou dans la forêt…) Comme il l’explique dans ses différents interview, tout est parti d’une blague potache… Ben ta blague, elle est pas drôle, Manuel, mais qu’est-ce qu’elle est bien !

Fonds de Tiroir (5)

Publié: 20 février 2017 dans Tympan Heureux

Doctor Midnight & The Mercy Cult - I Declare: Treason« I Declare: Treason » de Doctor Midnight & The Mercy Cult : encore un supergroupe avec notamment Tim Skold (Marilyn Manson, KMFDM) mais il y a aussi du Satyricon et du Turbonegro. Ca ratisse large. D’ailleurs, il faut aimer le timbre nasillard du vocaliste de Turbonegro pour entrer dans cet album qui fleure son hard rock simpliste. Perso, pas ma tasse de thé…

 

Ghost Brigade - Until Fear No Longer Defines Us« Until Fear no longer Defines Us » de Ghost Brigade. Belle découverte que cet album qui touche à tout sans en avoir l’air, à l’instar des derniers Slipknot par exemple : des morceaux plutôt softs et sombres ponctuent un album qui flirte avec un néo pas trop énervé, un chant doublé plutôt sympa et des compos qui passent bien. Ajoutez à cela une pochette plutôt sympa et un titre positif non ? « Jusqu’à ce que la peur ne nous définisse plus », c’est un message d’espoir non ? Et on en a bien besoin en ce moment 🙂

A Life once Lost - Ecstatic Trance« Ecstatic Trance » de A Life Once Lost (2012) N’est pas Meshuggah qui veut. Ce groupe, actif depuis 1999 quand même et qui a vu sur l’album « Iron Gag » déferler Devin « SYL » Townsend et Randy « Lamb of God » Blythe (quand même) propose un métalcore au jeu de guitare syncopé qui n’est pas sans rappeler leurs confrères barrés.

 

 

Saint-Vitus - Lillie: F-65« Lillie: F-65 » de Saint Vitus (2012) Un papy du genre, à la Pentagram. Du doom métal à l’ancienne, avec des morceaux cours mais heavy, man. Rien d’exceptionnel, un son vintage, un chanteur qui sent son vieux whiskey ; après, peut-on critiquer ces papys qui ont inventé le métal ? Qui ont su oser, à leur époque, un son nouveau, tortueux, nauséabond ? On écoute bien du Cloclo encore de nos jours hein…