Le Long Cosmos

Publié: 3 octobre 2017 dans Au gré des lectures

de Stephen Baxter et – feu – Terry Pratchett.

Cinquième et dernier volet de la saga de la « Longue Terre », cette épopée sur les voyages dans les mondes parallèles. On a le sentiment que la participation de Terry Pratchett ici se résume à la portion congrue – le troll Sancho, bibliothécaire, mouais…

Si le propos est intéressant, il est ici alourdit d’hypothèses scientifiques propres à la Hard Sci-Fi chère à Stephen Baxter. Alors qu’au fil des pérégrinations on aurait pu se laisser aller à un traité plus poétique, contemplatif, à la Chroniques Martiennes, on se voit là asséner de théories poncives qui rendent presque la lecture pénible. Quant au propos du synopsis – cet appel lancé à la population mondiale et au voyage annoncé par le titre, il se résume aux trente dernières pages.

Pourtant tout portait à croire qu’il y allait avoir de l’action : Josué Valienté seul et blessé à des millions de passages de la Terre Originelle, les Suivants qui élaborent une machine qui les dépassent eux-mêmes… Ou alors un Tome 6 signé Baxter-lui-tout-seul ?

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SepticFlesh – The Codex Omega

Publié: 4 septembre 2017 dans News

Un nouvel album de SepticFlesh, ça ne se refuse pas. Pour le visuel d’abord, et le travail graphique sombre et fourmillant de Seth Siro Anton, qui à l’instar de Jeff Grimal (The Great Old Ones, Spectrale), a su imposer son univers au monde du métal (bon, après, de là à le mettre dans son salon hein…)

Ensuite, pour le travail sur le son. Puissant. Enveloppé. Symphonique. On retrouve d’ailleurs la tendance déjà présente sur Titan à rajouter une couche de violons et de choeurs par dessus la déferlante de riffs tapageurs et de growls assourdis – parce que, le Seth, là, il a encore baissé d’un demi-ton son chant guttural non ? Ca reste compréhensible, mais nom de dieux, ça décrasse les tympans ! Quels titres sortent du lot, parmi lesquels « Portrait of a Headless Man » et « Enemy of Truth ». Un album dans la lignée des précédents, tout en emphase, mais jusqu’où nos héllènes iront-ils ?

A noter le bonus disc avec une réinterprétation des titres en version symphonique par le FILMharmonic Orchestra of Prague, des habitués du genre puisqu’ayant opéré de même sur Titan, mais aussi The Great Mass. Un exercice de style plutôt intéressant si on aime le classique – et le métal.

Où l’on retrouve avec plaisir Tiphaine Patraque et les Nac Mac Feegle (voir Les Ch’tits Hommes Libres), troisième aventure de la jeune bergère sorcière malgré elle, au caractère aussi trempé qu’Esméralda Ciredutemps, aux prises cette fois avec l’Esprit de l’Hiver, le Façonneur de Flocons, le Souffleur de Blizzard ; amoureux, ou tout du moins tentant d’être amoureux comme le sont les humains. Car, et oui, Terry Pratchett aime à jouer à interpréter les agissements du commun des mortels au pied de la lettre. Et ça donne des situations cocasses quand la Mort, par exemple, remplace le Père Noël (ce qui n’est pas sans rappeler un Etrange Noël de Monsieur Jack), ou qu’il (et oui, la mort est une anthropomorphication masculine de la mort) prend sa retraite pour devenir faucheur… de blé.

Là, on rigole moins. l’Hiverrier n’a aucun humour, ou alors, glacial. Le roman est plutôt sombre, même si l’on apprécie toujours autant la verve et le bon mot de Terry Pratchett. Où l’on constate aussi que Tiphaine reste une enfant grandie trop vite.

L’Univers du Disque-Monde est peuplé de sorcières qui sont sans doute les personnages ayant le plus de bon sens dans cette folie.

Un bon petit vent frais en cette période de canicule !

Joyland

Publié: 25 août 2017 dans News

de Stephen King.

Aurait pu apparaître sous le nom de feu Richard Bachman tant il dénote dans l’oeuvre tournée horrifique / thriller / fantastique du King. Un roman sur l’adolescence, l’amour, les fêtes foraines et leur magie inhérente avec un zeste de fantastique – quand même – qui tourne au roman policier sur le dernier cinquième. Un roman prenant, tout en douceur – c’est moi ou avec l’âge, le romancier devient nostalgique de ces heures « heureuses » ?

Je m’attendais à une sorte d’hommage à La foire des ténèbres de Ray Bradbury, mais rien à voir. On suit l’adolescent au coeur brisé qui se fait embauché en tant qu’homme à tout faire au parc « Joyland » et s’y sent comme chez lui. Sa lente guérison. Ses rencontres. Et puis…

Captivant, doux-amer, un roman idéal pour l’été. Ca change de Musso 🙂

Je suis Wolverine !

Publié: 20 août 2017 dans Au gré des lectures

A ne pas confondre avec l’album « Je suis Wolverine » aux éditions Bethy avec, aux commandes, les inégalables Chris « Wolvie » Claremont et Franck « Sin City » Miller. Se présentant sous forme de sélection d’histoires où notre héros griffu a risqué sa peau, sous les plumes aussi illustres qu’Herb Trimpe (avec la première apparition de Wolvie contre Hulk et le Wendigo, rien que ça !), Barry Windsor-Smith (à qui l’on doit le trippant « Weapon X »), John « Conan The Barbarian » Buscema ou Adam Kubert, « Je suis Wolverine » regroupe quelques nouvelles plutôt réjouissantes. Comme dit plus haut, la première apparition de Wolverine m’a apporté un peu de nostalgie (et d’amusement en lisant la façon dont il avait été « pensé » à l’origine, mais aussi l’histoire clôturant l’album, Une journée dans ma peau, ou Prisonnier numéro zéro, sombre et angoissante, c’est du bonheur en barre. D’autres, plus dispensables telles Rêves, à réserver aux initiés avec toute la symbolique des femmes ayant traversé sa vie – moi-même je fus un tantinet perdu – ou A la prochaine, Frankie, un mélange de Dragon Ball et des Chevaliers du Zodiaque pour le côté « je me bastonne en blablatant pendant 20 pages ». J’aurais une préférence pour les traits « old school » de Marc Silverstri, Herb Trimpe ou John Buscema, ne goûtant que peu le plaisir sadique qu’à Barry Windsor-Smith de charger chaque case d’un excès de détail – on aura compris qu’il neige et qu’il y a du vent, pas la peine de faire des flocons de la taille d’un grêlon !

Bref, un peu de tout pour mieux connaître le plus connu des super héros de l’écurie Marvel !

de Stephen King.

On en a tant parlé de ce roman que je ne pouvais passer à côté. En même temps j’avais un peu laissé tombé King depuis un sacré bout de temps (Rose Madder, Les Yeux du Dragon devaient être les derniers. On m’avait prêté le tome 1 de Dome, mais j’en étais resté là.)

On a affaire là au pavé habituel ; avec King, ne pas s’attendre à une bluette de 200 pages à la Amélie Nothomb. Mais, malgré l’épaisseur de l’oeuvre, elle se lit – comme souvent – avec avidité. La partie science-fiction – le voyage à travers le temps – recèle une particularité plutôt intéressante, mais au-delà de ça, on pourrait se dire que le thème n’a rien d’original : si vous pouviez remonter le temps, empêcheriez-vous l’assassinat de JFK ? Je pense notamment à un épisode de Code Quantum, mais on n’est pas loin d’un épisode de La Quatrième Dimension non plus dans la forme (parce que dans le fond… The Twilight Zone date de 1959 – 1964.) Mais comme toujours, « le » King sait captiver le lecteur avec de petites choses, des touches de psychologie et d’humanité. Et si le roman tourne au romantisme, le héros saura-t-il garder le cap sur sa mission principale ?

De nombreux passages laissent à penser que ces années-là – les sixties – étaient un âge d’or que Stephen King a traversé adolescent et tout cela sent la nostalgie d’une époque où les gens se faisaient confiance et où le prix des choses était ridicule. Vraiment ? Peu à peu se dépeint une autre facette, et l’on passe d’une ville à l’autre comme de l’ombre à la lumière.

Si quelques longueurs inhérentes au format sont malgré tout présentes, on ne peut qu’apprécier le tout. Un bien beau livre, entre Histoire et Fiction.

La maison du bout du monde

Publié: 23 juillet 2017 dans Au gré des lectures

de Åke EDWARDSON.

Ake Edwardson - La Maison du Bout du MondeEncore un suédois qui fait parler de lui avec un personnage récurrent en la personne du flic bourru Erick Winter (tiens, un flic bourru et ténébreux, comme c’est original) enquête sur le meurtre d’une famille isolée : femme et enfants massacrés, seul le dernier né, encore nourrisson, a survécu. Qui, pourquoi ?

Entre la froidure d’une Suède typique et l’atmosphère calliente d’une maison en Espagne où il coule des jours presque heureux avec sa famille (presque, parce que tourmenté), Erick se débat avec ses démons intérieurs, et noie ses doutes dans le jazz et le whisky.

D’une écriture presque lapidaire, dans un ton froid et distant, le roman nous plonge parfaitement dans l’atmosphère d’isolement et des lieux, et des personnages. N’évitant malheureusement pas les clichés du flic génial mais solitaire, les ficelles s’entremêlent et perdent le lecteur sur des pistes en cul de sac.

On se laisse prendre, mais sans s’attacher au personnage. Manque peut-être une once de folie ou d’humanité à l’ensemble pour avoir le roman policier parfait !